À l’occasion de la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage, la Union africaine (UA) a placé la question des réparations et de la mémoire au centre de son message. Une prise de position qui dépasse le cadre commémoratif pour s’inscrire dans un débat toujours présent sur les conséquences de la traite transatlantique.
Dans une déclaration rendue publique, Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’organisation, a rendu hommage aux millions d’Africains déportés au cours de cette période. Femmes, hommes et enfants ont été arrachés à leur environnement, soumis à des violences et privés de leurs droits dans un système qui a durablement marqué l’histoire.
Au-delà du souvenir, le responsable africain a insisté sur la portée actuelle de cet héritage. Selon lui, la traite négrière ne relève pas uniquement du passé. Elle a laissé des traces profondes qui continuent d’influencer les équilibres économiques, sociaux et culturels, aussi bien sur le continent que dans les diasporas.
Dans ce contexte, la commémoration prend une dimension particulière. Elle constitue un moment de réflexion, mais aussi un point d’appui pour relancer les discussions autour de la justice réparatrice. L’organisation continentale plaide pour une reconnaissance formelle des préjudices subis et pour des mesures concrètes destinées à en atténuer les effets.
Par ailleurs, l’accent a été mis sur le rôle de l’éducation et de la transmission. Le devoir de mémoire apparaît comme un outil pour mieux comprendre cette période et ses conséquences. Il vise également à prévenir les discriminations et à encourager le respect des droits humains.
En parallèle, l’Union africaine poursuit ses actions en faveur de la coopération entre États et du renforcement des liens avec les diasporas. Cette approche s’inscrit dans une volonté de construire un cadre commun autour de valeurs liées à la dignité et à l’égalité.
Instituée par les Nations Unies, cette journée offre chaque année l’occasion de rappeler les enjeux liés à l’histoire de l’esclavage. Pour l’Union africaine, elle constitue aussi un levier pour porter, sur la scène internationale, la question des réparations et de la reconnaissance des injustices héritées de cette période.
