Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa transition énergétique avec le lancement du processus d’élaboration de son Programme national d’accès à la cuisson propre. L’initiative a été officiellement enclenchée à Lomé en début de semaine, sous l’impulsion du ministre délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières, Robert Eklo.
Ce programme stratégique s’inscrit dans la dynamique du Pacte national pour l’énergie, également connu sous l’appellation « Mission 300 », qui ambitionne de porter à 80 % le taux d’accès aux solutions de cuisson propre à l’horizon 2030. Une orientation qui traduit la volonté des autorités de réduire significativement la dépendance des ménages aux combustibles traditionnels.
Encore largement dominée par l’utilisation du bois de chauffe et du charbon, la cuisson domestique au Togo pose des défis majeurs. Au-delà de la pression exercée sur les ressources forestières, ces pratiques ont des conséquences directes sur la santé des populations, en particulier des femmes et des enfants, exposés quotidiennement aux fumées toxiques.

Face à ces enjeux, le futur programme entend structurer une réponse globale et durable. Il repose sur des études préparatoires destinées à définir les orientations techniques, économiques et institutionnelles, en concertation avec les acteurs nationaux et les partenaires internationaux.
Le Togo bénéficie, dans ce cadre, de l’appui du Global Enabling Environment Facility (GEEF), tandis que le cabinet EED Advisory, mandaté par l’Agence néerlandaise pour l’Entreprise, accompagne les travaux aux côtés des institutions locales. L’Union européenne, à travers le programme ReCCAWA, contribue également au financement des études.
Au-delà de l’amélioration des conditions de vie, le programme ouvre des perspectives économiques importantes. Le développement d’un marché local autour des solutions de cuisson propre — distribution de gaz domestique, production de foyers améliorés, services techniques — pourrait stimuler l’entrepreneuriat et créer de nouvelles opportunités d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.
Sur le plan environnemental, cette transition devrait contribuer à la réduction de la déforestation et des émissions de gaz à effet de serre, tout en renforçant la résilience du pays face aux défis climatiques.
Avec cette initiative, le Togo pose les bases d’un changement structurel dans les modes de consommation énergétique des ménages. L’accès à une cuisson propre, longtemps perçu comme un luxe, pourrait ainsi devenir un standard accessible, au cœur d’un développement plus inclusif et durable.
