Le parti au pouvoir au Zimbabwe, la ZANU-PF, promeut une réforme constitutionnelle qui mettrait fin à l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Le président serait désormais choisi par le Parlement, un système similaire à celui adopté par le Togo avec l’avènement de la Ve République en mai 2024.
Le projet de révision constitutionnelle zimbabwéen prévoit également d’allonger les mandats parlementaires de cinq à sept ans. Cette disposition pourrait permettre au président Emmerson Mnangagwa, actuellement au pouvoir, de prolonger son mandat jusqu’en 2030 si la réforme était adoptée et appliquée.
Cette réforme s’inspire directement du modèle institutionnel togolais mis en place par la Constitution adoptée le 19 avril 2024 par l’Assemblée nationale et promulguée le 6 mai 2024. Au Togo, le Président de la République n’est plus élu au suffrage universel direct mais désigné par le Parlement.
La réforme constitutionnelle zimbabwéenne suscite néanmoins de vifs débats dans le pays. Ses détracteurs dénoncent un recul démocratique et une tentative déguisée de prolonger indéfiniment le pouvoir du président Mnangagwa qui dirige le pays depuis 2017 après la chute de Robert Mugabe.
Les partisans de la réforme y voient au contraire un facteur de stabilité institutionnelle. Ils argumentent que le système parlementaire évite les crises post-électorales souvent liées aux élections présidentielles disputées et favorise une gouvernance plus collégiale et consensuelle.
Le texte de révision constitutionnelle est encore en discussion au sein du parti ZANU-PF et n’a pas encore été soumis au Parlement zimbabwéen. Son adoption nécessitera probablement un référendum constitutionnel pour entrer en vigueur, conformément aux procédures de révision constitutionnelle du pays.
Reste à savoir si le Zimbabwe adoptera effectivement ce système parlementaire et comment il l’adaptera à ses propres réalités politiques. Les débats autour de cette réforme constitutionnelle s’annoncent intenses dans les prochains jours au sein de la société zimbabwéenne.
