Le Parlement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest a ouvert sa première session ordinaire de 2026. À cette occasion, sa présidente, Hadja Memounatou Ibrahima, a présenté les orientations des travaux devant des responsables politiques et diplomatiques réunis au siège de l’institution à Abuja.
Plusieurs personnalités parlementaires ont pris part à la cérémonie, dont Fabakary Tombong Jatta, président de l’Assemblée nationale de la Gambie, et Abbas Tajudeen, président de la Chambre des représentants du Nigeria. La présidente du Parlement communautaire a évoqué « d’intenses moments d’échanges et de partages qui viennent confirmer notre volonté commune de bâtir un espace communautaire plus solide et résilient ».

Dans son intervention, elle a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue face aux tensions régionales. « La paix ne se décrète pas, elle se construit patiemment par le dialogue, la coopération et le respect mutuel. Le Parlement de la CEDEAO doit se faire l’écho de cet impératif auprès de nos États membres et de nos partenaires », a-t-elle déclaré, revenant sur sa participation récente à plusieurs rencontres internationales, dont la 152e Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP), le Forum de Dakar sur la paix et la sécurité et une conférence de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).
Les échanges interviennent dans un environnement marqué par des préoccupations sécuritaires. Des attaques ont été signalées récemment dans certaines localités du Mali. L’institution a exprimé sa solidarité avec les populations concernées. La situation en Guinée-Bissau a également été évoquée, avec un appel au respect de l’ordre constitutionnel. « La démocratie reste le fondement inébranlable de notre Communauté », a rappelé la présidente.
Sur le plan électoral, des scrutins législatifs sont annoncés en mai au Cap-Vert et en Guinée. La présidente a aussi salué l’élection de Romuald Wadagni au Bénin, évoquant « une atmosphère empreinte de sérénité ».

L’ordre du jour prévoit l’examen de textes communautaires ainsi que la présentation du rapport du président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, sur l’état d’avancement des programmes. « Un signe probant de la considération qu’il porte à notre institution parlementaire », a souligné Hadja Memounatou Ibrahima, tout en lui adressant sa gratitude à l’approche de la fin de son mandat.
Par ailleurs, plusieurs missions conduites ces dernières semaines ont permis d’aborder des questions liées à l’emploi dans le numérique, à la situation des enfants en période de crise et au suivi budgétaire. Leurs conclusions seront examinées en plénière.
Des activités sont aussi prévues autour de thématiques spécifiques. Un séminaire portera sur l’intelligence artificielle avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). Une table ronde du Forum des administrations fiscales ouest africaines (FATAOF) traitera des directives fiscales régionales. L’Association des femmes parlementaires de la CEDEAO (AFPCEDEAO) se réunira autour de la participation des femmes au commerce international.
Cette session intervient à quelques semaines du Sommet du futur de la CEDEAO, prévu le 21 mai en République Togolaise. Cette rencontre vise à accélérer la mise en œuvre de la Vision 2050 face aux défis actuels. Pour Hadja Memounatou Ibrahima, le Parlement doit apporter sa contribution à cette réflexion en produisant « des résolutions audacieuses et des avis éclairés, à la hauteur des enjeux et des préoccupations du moment ».
Dans son allocution d’ouverture, la présidente a rappelé que le Parlement est « le creuset de la légitimité populaire, le lieu du débat démocratique et du contrôle citoyen ». Elle a conclu en exprimant sa conviction que cette session doit constituer « un tournant décisif dans notre capacité à contribuer à consolider nos démocraties et à tenir la promesse d’une intégration régionale visible, efficace, au service de nos peuples ».
