La troisième édition de Biashara Afrika débute ce lundi 18 mai pour trois jours. Le forum réunit près de 1 000 participants venus transformer les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en projets tangibles.
Le Secrétariat de la ZLECAf et le gouvernement togolais organisent conjointement cet événement placé sous le haut patronage du Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé. Chefs d’État, dirigeants d’entreprises, institutions bancaires, jeunes pousses, chercheurs et médias convergent vers la capitale togolaise. Leur mission consiste à identifier les blocages persistants du commerce intra-africain et à saisir les opportunités d’investissement disponibles.
La ZLECAf rassemble 55 pays et représente un marché de 1,4 milliard de consommateurs. Le produit intérieur brut combiné dépasse 3 400 milliards de dollars. Le cadre juridique existe. Les institutions sont établies. Pourtant, les échanges commerciaux entre pays africains restent limités.
Plusieurs entraves freinent encore le développement économique continental. Les barrières non tarifaires compliquent les transactions. L’accès au financement commercial demeure restreint. Les infrastructures se révèlent insuffisantes. Les chaînes de valeur restent morcelées. Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) peinent à participer pleinement au commerce régional.
Le forum entend répondre à ces défis à travers quatre axes principaux. Premier levier, le renforcement des entreprises africaines à fort potentiel. Deuxième orientation, l’accélération de la facilitation des échanges. Troisième priorité, le développement du commerce numérique et des systèmes de paiement. Quatrième volet, l’investissement dans les infrastructures logistiques.
Le programme s’articule autour de cinq plateformes opérationnelles. La Deal Room permettra l’annonce d’investissements et de partenariats commerciaux. La plateforme des sociétés de commerce visera à déployer des réseaux de distribution fonctionnels. Le laboratoire de facilitation des échanges cherchera à résoudre les obstacles pratiques. L’accélérateur de chaînes de valeur structurera des partenariats sectoriels viables. La plateforme d’accès au marché connectera directement les PME aux débouchés commerciaux.
Le contexte mondial ajoute une dimension d’urgence. La reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales, la montée du protectionnisme et les tensions géopolitiques redessinent le commerce international. L’Afrique peut soit subir cette marginalisation, soit construire des marchés régionaux plus résilients.
Les organisateurs misent sur un dialogue public-privé capable de mobiliser des capitaux à grande échelle. L’alignement entre les priorités nationales et les objectifs continentaux constituera un fil conducteur des débats. Le format privilégie les sessions de travail concrètes plutôt que les déclarations d’intention.
Les résultats de ce forum détermineront si la ZLECAf peut passer du stade de projet ambitieux à celui de réalité économique mesurable. Les annonces commerciales attendues pendant ces trois jours serviront de baromètre pour évaluer la capacité du continent à transformer son potentiel en croissance partagée.
