L’administrateur du Groupe de la Banque mondiale pour la zone Afrique II, Harold Tavares, a inspecté samedi 23 mai 2026 les travaux de protection des côtes menés à Aného. Cette visite confirme l’avancement du projet régional WACA-ResIP destiné à combattre l’érosion marine et les inondations côtières. Le Ministre de l’Environnement, professeur Dodji Komla Kokoroko, a accompagné la délégation internationale.
L’inspection a porté sur le segment Gbodjomé-Agbodrafo-Goumoukopé ainsi que sur les travaux de comblement des bras lagunaires morts d’Aného. À la fin d’avril 2026, quatorze des vingt-deux épis prévus sur les sept kilomètres de côte avaient déjà été construits et réceptionnés. Ces ouvrages réalisés par l’entreprise néerlandaise Boskalis mesurent entre soixante et soixante-quinze mètres. Ils sont supervisés techniquement par le cabinet INROS LACKNER.

Les structures progressivement mises en place visent à stabiliser durablement le littoral togolais. Le projet dépasse la simple construction d’épis en intégrant plusieurs composantes complémentaires. Le rechargement de sable dragué au large des côtes enrichit les plages érodées. Le comblement de zones lagunaires réduit les zones stagnantes. Les aménagements connexes diminuent les risques d’inondation et de submersion marine.
Harold Tavares a souligné l’importance de ces travaux au-delà de leur dimension purement technique. « Les travaux réalisés permettent d’avoir un impact à long terme en matière de protection des côtes et, au-delà, cela crée de l’emploi », a-t-il déclaré lors de la visite. Cette observation reconnaît les avantages multiples de l’initiative pour les populations locales.
La reprise des activités économiques constitue un signe tangible de l’utilité du projet. À Aného, les activités de pêche reprennent progressivement le long des zones sécurisées. Les restaurants et établissements de restauration rouvrent et développent leur clientèle. Les loisirs côtiers redeviennent accessibles aux touristes et aux habitants. Ces retours économiques bénéficient directement aux ménages.
Le secteur de la pêche représente un pilier économique majeur pour la région. La stabilisation des côtes permet aux pêcheurs d’opérer de manière plus sécuritaire. Les installations portuaires bénéficient d’une meilleure protection. Le redémarrage progressif du secteur génère des revenus pour les familles de pêcheurs. Cette dynamique s’étend aux activités connexes de transformation et de commercialisation du poisson.
L’emploi généré par le projet touche plusieurs domaines. La construction des ouvrages mobilise de la main-d’œuvre locale pour des activités d’assistance et de support. Le dragage du sable crée des opportunités pour les travailleurs spécialisés. Le redémarrage des activités économiques offre des postes dans la pêche, la restauration et les services touristiques.
Le financement du projet associe deux institutions internationales. La Banque mondiale apporte ses ressources et son expertise. L’Agence française de développement (AFD) complète le soutien financier. Cette collaboration renforce la capacité du Togo à déployer une réponse adaptée à l’ampleur des défis côtiers.
Le programme WACA s’inscrit dans une logique régionale de résilience climatique. Six pays ouest-africains bénéficient de cette initiative coordonnée. Le partage d’expériences entre pays facilite l’adaptation des solutions aux contextes locaux. La Banque mondiale appuie cette dimension régionale pour amplifier l’impact des interventions.
Aného constitue un cas d’école pour la protection des côtes en Afrique de l’Ouest. Les solutions techniques testées peuvent servir de référence pour d’autres localités confrontées à l’érosion. Le suivi rigoureux de la performance de chaque ouvrage permet d’ajuster les approches futures. Les résultats obtenus contribuent à enrichir les connaissances sur la stabilisation des littoraux.
