Le gouvernement togolais entend accélérer la diffusion des solutions de cuisson propre sur l’ensemble du territoire. Un financement de plus de 4,8 milliards de francs CFA doit soutenir le changement d’échelle d’un programme qui ambitionne de réduire le recours au bois de chauffe et au charbon de bois, tout en améliorant les conditions de cuisson des ménages.
Près de 107 000 ménages ont déjà été touchés par une première phase du programme dans les régions Maritime, des Plateaux et Centrale. L’objectif est désormais d’étendre l’accès aux solutions de cuisson propre à l’échelle nationale, avec plus de 2 millions de solutions à mettre à la disposition des ménages. Pour soutenir cette ambition, un protocole d’accord signé à Lomé avec Valor Carbon Ltd, Valitera Pte Ltd et Arborify SA prévoit la mobilisation de 8,5 millions de dollars, soit plus de 4,8 milliards de francs CFA.
Le passage à l’échelle nationale pose toutefois un défi d’accessibilité. Les équipements doivent répondre aux besoins des familles et rester compatibles avec leurs ressources financières. Le bois de chauffe et le charbon de bois demeurent des combustibles couramment utilisés, malgré leurs effets sur les ressources forestières et l’exposition des populations aux fumées issues de la combustion. La diffusion de solutions plus propres et plus efficaces doit permettre de limiter ces effets, à condition que les ménages puissent les acquérir et les utiliser durablement.
Le gaz butane occupe déjà une place croissante dans cette transition. Sa consommation au Togo a progressé de plus de 1 350 % en vingt ans. Pour préserver son accessibilité, l’État maintient son prix de vente à 790 francs CFA le kilogramme. Une enveloppe de 8,75 milliards de francs CFA est prévue en 2026 pour la subvention, qui couvre notamment l’écart entre le prix payé par le consommateur et le coût théorique du produit.
Cette politique rejoint les engagements défendus par le Togo lors du premier sommet mondial consacré à la cuisson propre, organisé à Paris en mai 2024, auquel a participé Faure Gnassingbé. Le pays y a mis en avant l’accès aux équipements adaptés, la stabilité des prix du gaz de pétrole liquéfié et la nécessité d’accompagner les ménages vulnérables.
Le Pacte national pour l’énergie fixe à 80 % la proportion de ménages devant avoir accès à des solutions de cuisson propre d’ici à 2030. Le programme est prévu jusqu’en 2032, avec une possibilité de prolongation jusqu’en 2037. Sa portée dépendra notamment de la capacité à convertir les financements annoncés en équipements accessibles, effectivement adoptés et utilisés dans la durée.
