La Russie propose au Togo d’explorer la possibilité de recourir à des centrales nucléaires flottantes pour répondre à ses besoins énergétiques. Cette option a été évoquée par le directeur général de Rosatom, Alexey Likhachev, après la signature, mercredi 28 octobre à Moscou, d’un mémorandum de coopération sur le nucléaire civil, en marge du Forum Russie-Afrique auquel participe une délégation togolaise conduite par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé.
Le document a été signé par Robert Koffi Messan Eklo, ministre délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières du Togo, avec la société publique russe Rosatom. Il prévoit d’évaluer les possibilités de développement de projets nucléaires dans le pays. À ce stade, aucun engagement relatif à la construction d’une centrale n’a été annoncé.

La proposition russe porte notamment sur les centrales nucléaires flottantes. Alexey Likhachev présente cette technologie comme une solution susceptible d’assurer « un approvisionnement énergétique fiable et à faible émission de carbone ». Selon le dirigeant de Rosatom, elle pourrait également « devenir un puissant moteur de développement ». Son éventuelle mise en œuvre au Togo reste toutefois à étudier, aucune capacité de production, échéance ou enveloppe financière n’ayant été précisée.
La coopération envisagée ne se limite pas à la production d’électricité. Le mémorandum couvre également les applications non électrogènes des technologies nucléaires, notamment dans la santé et l’agriculture. Rosatom se dit prêt à accompagner le Togo dans la formation de spécialistes et le développement des compétences nécessaires à la maîtrise de ces technologies. Les échanges doivent aussi porter sur les moyens de favoriser une meilleure compréhension de l’énergie nucléaire au sein de la population.
Pour Lomé, l’intérêt d’un tel partenariat dépendra de sa capacité à répondre aux besoins énergétiques du pays dans des conditions économiquement soutenables. Le recours au nucléaire implique des exigences élevées en matière de sûreté, de réglementation, de financement et de gestion des déchets radioactifs. Ces questions devront être examinées avant toute décision de réalisation.
Cette ouverture prolonge les positions défendues par Faure Essozimna Gnassingbé sur le rôle du nucléaire civil dans le développement africain. En septembre, lors du Symposium mondial sur le nucléaire organisé à Londres par l’Association nucléaire mondiale, le Président du Conseil avait plaidé pour que cette technologie contribue à l’industrialisation du continent, à l’amélioration des systèmes de santé, à la modernisation de l’agriculture et au développement des infrastructures numériques.
« Tout cela nécessite une énergie fiable, abordable et de plus en plus propre », avait-il déclaré, en évoquant notamment les petits réacteurs modulaires et les microréacteurs comme des technologies susceptibles de répondre aux besoins africains. Il avait également insisté sur la nécessité d’une coopération fondée sur le partenariat, l’Afrique devant, selon lui, pouvoir participer aux choix technologiques qui détermineront son avenir énergétique.
Le mémorandum signé le mercredi 28 octobre ouvre désormais une phase d’évaluation. Les travaux à venir devront préciser les options techniquement envisageables pour le Togo, les compétences à développer et les conditions financières et réglementaires nécessaires à leur éventuelle concrétisation.
