Le 1er juin 2026, le Togo célèbre la 49e édition de la Journée nationale de l’arbre. Cette commémoration annuelle, lancée en 1977 sous l’impulsion du président Gnassingbé Eyadéma, marque chaque année le coup d’envoi officiel de la campagne nationale de reboisement. Près d’un demi-siècle après sa création, elle reste un rendez-vous citoyen qui rassemble écoles, administrations, organisations de la société civile et communautés locales autour d’un même objectif.
Les origines de cette journée remontent à une période de grande vulnérabilité climatique. Entre 1972 et 1976, de sévères sécheresses avaient durement frappé le pays. Les récoltes avaient subi des pertes importantes. Plusieurs cours d’eau, de la Kara au Zio en passant par le lac Togo, avaient souffert du déficit pluviométrique. Face à cette menace, les autorités avaient lancé ce que l’on appelait alors la « révolution verte » pour freiner la désertification et restaurer les écosystèmes fragilisés.
Les chiffres actuels révèlent l’ampleur du défi qui persiste. Le Togo a perdu plus de 40 % de sa couverture forestière au cours du dernier siècle. Les forêts couvraient environ 67 % du territoire national au début du XXe siècle. Aujourd’hui, elles ne représentent plus que 24,24 % de la superficie du pays. Ce recul illustre la pression croissante exercée par les activités humaines sur les ressources naturelles.
Plusieurs zones forestières font l’objet d’une attention particulière des autorités. Les massifs de Misahöhé dans la région des Plateaux, d’Akloa et le parc national de Fazao-Malfakassa constituent les principaux espaces de conservation du pays. Sur le littoral, les mangroves situées entre Aného et Kpémé jouent un rôle stratégique double. Elles protègent les côtes contre l’érosion et constituent des habitats essentiels pour les espèces de poissons et de crustacés dont dépend la pêche artisanale locale.
La réponse gouvernementale prend la forme d’un programme ambitieux lancé en 2021. L’objectif est de mettre en terre 1 milliard de plants d’ici 2030, soit 100 millions par an. Les résultats progressent d’année en année. Le pays a planté 3 millions d’arbres en 2021, puis 5 millions en 2022, 7 millions en 2023, plus de 9 millions en 2024 et environ 14 millions en 2025. Cette courbe témoigne d’une mobilisation qui prend de l’ampleur.
Les bénéfices des arbres dépassent la seule question climatique. Ils régulent les températures locales, protègent les sols contre l’érosion, préservent la biodiversité et améliorent la qualité de l’air. Les forêts fournissent également des produits non ligneux comme les fruits, les plantes médicinales et le bois d’œuvre qui soutiennent les économies rurales. Le secteur forestier crée aussi des emplois pour les jeunes dans les pépinières, les plantations et l’entretien des espaces boisés.
La Journée nationale de l’arbre dépasse son caractère symbolique pour devenir un acte civique concret. Des millions de citoyens ont planté des arbres depuis 1977, des Savanes à la région Maritime en passant par la Kara, la Centrale et les Plateaux. Chaque plant mis en terre contribue à reconstituer progressivement le couvert végétal perdu. Les autorités invitent cette année encore chaque Togolais à poser ce geste simple mais porteur d’avenir le 1er juin 2026.
