Les communes de la préfecture de Zio ont entamé mardi 2 juin à Tsévié une formation intensive de 3 jours sur la mobilisation des ressources financières locales. Organisée par l’Agence Nationale de Formation des Collectivités Territoriales (ANFCT), cette session réunit les principaux acteurs de la gestion financière communale pour renforcer leurs compétences pratiques.
Le profil des participants reflète la chaîne complète de gestion des finances locales. Maires, secrétaires généraux des mairies, présidents et rapporteurs des commissions de finances, receveurs municipaux, directeurs des affaires administratives et financières, régisseurs et chefs de recouvrement prennent part aux travaux. Cette diversité garantit que chaque maillon du dispositif financier communal bénéficie des mêmes outils méthodologiques.
Le programme couvre 3 modules essentiels. Le cadre juridique et les ressources financières des collectivités territoriales constituent le socle théorique de la formation. Les attributions, l’organisation et le fonctionnement d’une régie de recettes fournissent les repères institutionnels. Les procédures de mobilisation des ressources financières complètent le dispositif avec les techniques opérationnelles concrètes.
Le maire de la commune Zio 1, Dr Atatsi Ayawo, a posé clairement le défi auquel cette formation répond. « La mobilisation des ressources financières constitue l’un des défis majeurs auxquels sont confrontés nos différentes communes. Les attentes des populations en matière d’infrastructures, de services sociaux de base, de développement local sont de plus en plus importantes », a-t-il déclaré. Il a exprimé sa confiance que « les réflexions et les enseignements qui découleront de ces 3 jours de travaux constitueront une véritable valeur ajoutée pour chaque commune. »
Le préfet de Zio, Gadewa Mawouna, a replacé la formation dans le cadre plus large de la décentralisation. Pour lui, celle-ci « constitue aujourd’hui un levier essentiel de gouvernance locale, de développement harmonieux des territoires et de rapprochement de l’administration des administrés. » Il s’est dit convaincu que les échanges produiront des « outils pratiques et des connaissances utiles pour relever efficacement les défis liés à la mobilisation des ressources financières. »
Les communes togolaises souffrent souvent d’un faible taux de recouvrement de leurs recettes propres. Les taxes locales, les redevances et les droits divers restent sous-exploités faute de procédures maîtrisées et de personnel formé. Cette situation contraint les communes à dépendre largement des transferts de l’État pour financer leurs projets. La maîtrise des ressources internes et externes représente donc un levier direct d’autonomie et de développement local.
La formation aborde également les financements extérieurs mobilisables par les communes. Les coopérations décentralisées, les fonds régionaux et les partenariats avec les organisations internationales constituent des sources complémentaires souvent méconnues des acteurs locaux. Identifier et activer ces ressources peut démultiplier la capacité d’investissement des communes dans les infrastructures et les services de base attendus par les populations.
