Le Port Autonome de Lomé (PAL), plateforme logistique de premier plan en Afrique de l’Ouest, fait face à une montée des tensions sociales après l’annonce d’un préavis de grève de 72 heures déposé par le Syndicat des agents du Port Autonome de Lomé (SYAPAL). Prévue du 25 au 27 juin 2026, cette cessation de travail annoncée intervient alors que l’infrastructure portuaire poursuit son rôle de point de transit pour plusieurs économies de la sous-région.
Déposé le 8 juin auprès de la direction générale du Port Autonome de Lomé (PAL), avec ampliation à l’inspection du travail de Lomé Est 2, le préavis concerne l’ensemble des catégories professionnelles exerçant sur la plateforme portuaire. Dockers occasionnels, dockers professionnels, agents permanents et treuillistes sont appelés à observer le mouvement si aucune avancée n’intervient d’ici l’échéance fixée.
Selon le Syndicat des agents du Port Autonome de Lomé (SYAPAL), cette décision fait suite à plusieurs mois d’échanges restés sans résultat. Les revendications ont été réaffirmées lors de différentes assemblées générales organisées depuis octobre 2025. Le syndicat estime désormais avoir épuisé les mécanismes de concertation engagés jusque-là.
Au cœur des demandes figurent notamment la définition d’un statut applicable à l’ensemble du personnel, le paiement des heures supplémentaires conformément aux textes en vigueur, la déclaration des dockers occasionnels à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), ainsi que l’attribution de certaines primes liées aux conditions de travail. Les représentants des travailleurs réclament également l’application de l’accord collectif d’établissement et le respect de l’arrêté conjoint du 19 août 1976 portant statut particulier du personnel portuaire.
« Nous avons multiplié les démarches depuis plusieurs mois sans obtenir de réponses satisfaisantes », soutient le Syndicat des agents du Port Autonome de Lomé (SYAPAL) dans son préavis de grève.
Cette situation retient l’attention en raison du poids du Port Autonome de Lomé (PAL) dans les échanges régionaux. Seul port naturel en eaux profondes de la côte ouest-africaine capable d’accueillir de très grands navires sans contrainte de marée, il constitue un point de passage privilégié pour les marchandises destinées aux pays de l’hinterland, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Ces dernières années, d’importants investissements ont permis la modernisation des infrastructures, l’extension des terminaux et le renforcement des capacités de traitement des cargaisons.
Par ailleurs, les performances enregistrées par la plateforme ont contribué à consolider sa place dans les réseaux logistiques du Golfe de Guinée. La continuité des opérations demeure ainsi un enjeu pour de nombreux acteurs du transport, du commerce et de la manutention.
À quelques semaines de la date annoncée pour le mouvement, l’attention se porte désormais sur les échanges entre les différentes parties. Les prochains jours pourraient être déterminants pour parvenir à un compromis et garantir la poursuite des activités sur l’une des principales portes d’entrée maritimes de la sous-région.
