Le Programme alimentaire mondial (PAM) a apporté des précisions sur les données relatives à la sécurité alimentaire dans la région des Savanes. Dans un communiqué publié le 10 juin 2026, l’agence des Nations unies indique n’avoir émis aucune alerte signalant une crise alimentaire dans le nord du pays, contrairement à certaines interprétations relayées ces derniers jours.
« Le Programme alimentaire mondial n’a pas lancé d’alerte sur une crise alimentaire au nord du Togo », précise le document.
L’organisation explique que le chiffre de 332 000 personnes évoqué dans plusieurs publications provient des résultats du Cadre Harmonisé (CH), diffusés en novembre 2025 sous l’égide du Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS). Cet outil régional sert à évaluer les risques liés à la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Le PAM souligne toutefois que cette donnée ne correspond pas à une observation de terrain. Elle repose sur une projection établie pour la période de soudure et prend en compte plusieurs facteurs de vulnérabilité. « Il convient toutefois de souligner que ce chiffre ne reflète pas une observation actuelle, mais une projection fondée sur un ensemble d’hypothèses de risque pour la période de soudure », rappelle l’institution.
Plus précisément, cette analyse anticipe ce qui pourrait se produire en l’absence de mesures correctrices ou d’évolution favorable de certains indicateurs. Parmi les paramètres étudiés figurent notamment le niveau des stocks alimentaires, les fluctuations saisonnières des prix des produits de base ainsi que les répercussions des aléas climatiques et sécuritaires.
Or, les données les plus récentes présentent une situation différente. Le Programme alimentaire mondial fait état de productions agricoles supérieures à celles enregistrées lors de la campagne précédente. Pour plusieurs cultures, les volumes récoltés dépassent également les moyennes observées au cours des cinq dernières années.
Par ailleurs, les réserves céréalières demeurent importantes aussi bien au niveau institutionnel qu’au sein des ménages. Le gouvernement a d’ailleurs proposé de mettre à la disposition du Programme alimentaire mondial plus de 40 000 tonnes de denrées alimentaires afin de soutenir les actions destinées aux populations les plus exposées.
Autre signal relevé par le PAM, les marchés affichent une évolution favorable. À la fin du mois d’avril 2026, les prix du maïs, du sorgho et du niébé ont connu un recul dans plusieurs zones du pays. Cette tendance contribue à préserver l’accès des ménages aux produits alimentaires de première nécessité.
Dans le même temps, l’amélioration de la situation sécuritaire observée dans certaines localités du nord facilite le retour progressif de familles déplacées. Cette évolution soutient également la reprise des activités agricoles et commerciales, deux leviers essentiels pour le maintien des revenus et de la disponibilité alimentaire.
Le communiqué rappelle aussi que les scénarios élaborés dans le cadre du Cadre Harmonisé reposent sur l’hypothèse d’une absence de réponse susceptible de réduire les risques identifiés. Une hypothèse qui ne correspond pas à la réalité observée sur le terrain.
Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics, avec l’appui de partenaires techniques et financiers dont le Programme alimentaire mondial, déploient une réponse coordonnée dans le cadre du Programme d’urgence pour le renforcement de la résilience dans la région des Savanes (PURS). Ce dispositif associe aide alimentaire, soutien aux moyens d’existence, protection sociale et actions destinées à renforcer la capacité des communautés à faire face aux chocs.
À travers cette mise au point, le Programme alimentaire mondial rappelle la distinction entre une projection de risques et une situation effectivement constatée. Les données actualisées mettent en évidence des récoltes en hausse, des stocks disponibles, des prix en baisse pour plusieurs céréales et la poursuite des actions de soutien déployées dans la région des Savanes.
