Le Togo renouvelle la suspension de la pêche maritime du 1er au 31 juillet afin de préserver les ressources halieutiques. Reconduite pour la deuxième année de suite, cette mesure accorde aux espèces marines une période propice à leur reproduction et au renouvellement des stocks, alors que la pression sur les ressources demeure forte dans le golfe de Guinée.
Ce repos biologique constitue l’un des leviers retenus par les autorités pour favoriser une exploitation durable des ressources marines. Durant cette période, toute activité de pêche artisanale et industrielle en mer est interrompue, avec l’appui des services de contrôle chargés de veiller au respect de la décision.
Pour le directeur de la production halieutique, Ali Domtani, cette démarche répond à une logique de préservation tout en préparant de meilleurs rendements pour les pêcheurs. « Le repos biologique n’est pas une contrainte, mais une opportunité. En permettant aux stocks de se reconstituer, les rendements pourraient augmenter de 10 à 30 % en quelques années », explique-t-il.
Les résultats enregistrés dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest confortent cette approche. Au Sénégal, la biomasse des ressources halieutiques a progressé de 30 à 50 % dans certaines zones après l’application du repos biologique. En Mauritanie, les captures de poulpes ont été multipliées par trois en l’espace de cinq ans. Au Ghana, la reprise des activités a été marquée par une hausse de la taille moyenne des poissons ainsi que des volumes de captures.
Le Togo dispose lui aussi d’un exemple encourageant. Sur le lac de Nangbéto, l’association du repos biologique et du renforcement de la surveillance a permis de faire évoluer la production de 2 577 tonnes en 2016 à 3 200 tonnes en 2019. Cette progression illustre les effets d’une gestion durable des ressources aquatiques lorsque les mesures de protection sont respectées.
Le secteur halieutique représente près de 4,5 % du produit intérieur brut (PIB) et procure des revenus à environ 20 000 personnes. Malgré cette contribution, la production nationale, estimée entre 20 000 et 25 000 tonnes par an, reste en dessous de la demande évaluée à près de 70 000 tonnes. La préservation des ressources marines apparaît ainsi comme un enjeu pour soutenir la production nationale et renforcer, à terme, la disponibilité des produits halieutiques.
