La capitale togolaise a réuni, du 22 au 26 juin 2026, les acteurs de la pêche artisanale de la région Atlantique Centre-Est à l’occasion de la huitième réunion du Groupe de travail sur la pêche artisanale du Comité des pêches pour l’Atlantique Centre-Est (GtPA-COPACE). Cette rencontre a permis aux États membres, aux experts, aux partenaires techniques et aux institutions spécialisées de faire le point sur les défis du secteur et de définir des orientations communes pour les prochaines années.
Organisée par le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire (MAPRASA), avec l’appui du Secrétariat du Comité des pêches pour l’Atlantique Centre-Est (COPACE) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ainsi que du programme West Africa Sustainable Ocean Program (WASOP), financé par l’Union européenne (UE), la rencontre succède à celle tenue à Dakar en 2023.

Les échanges se sont concentrés sur la gestion durable des ressources halieutiques, la collecte des données scientifiques, le suivi des pêcheries artisanales ainsi que l’adoption du plan de travail 2026-2028 du Groupe de travail.
La pêche artisanale demeure un pilier de l’économie bleue dans de nombreux pays africains. Selon les données de la FAO, elle assure au moins 40 % des captures mondiales de poissons destinés à la consommation humaine et fait vivre, directement ou indirectement, près de 500 millions de personnes. Dans plusieurs pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, elle constitue également l’une des principales activités génératrices de revenus pour les communautés littorales.
Au Togo, cette activité occupe une place importante dans la production halieutique nationale. Entre 70 et 80 % du poisson produit provient de la pêche artisanale. Les activités menées en mer, dans les lagunes, les lacs et les cours d’eau permettent une production annuelle proche de 20 000 tonnes. La majeure partie est ensuite transformée par fumage, séchage ou friture avant sa mise sur les marchés.
Les travaux de Lomé interviennent alors que les ressources halieutiques de la région suscitent une attention particulière. Les évaluations présentées durant la réunion montrent que seulement 47,4 % des stocks de poissons de la zone couverte par le COPACE sont exploités à un niveau biologiquement durable. Cette situation conduit les pays membres à renforcer leur coopération afin d’améliorer la gestion des ressources.
Pour M. Kossi Oke, chargé d’administration à la FAO-Togo, cette plateforme constitue un cadre privilégié de dialogue entre les États.
« C’est dans ce contexte que le Groupe de travail sur la pêche artisanale du COPACE, plateforme unique d’échange et de production de connaissances sur la pêche à petite échelle, revêt une importance stratégique », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé les attentes liées à cette rencontre en précisant que « cette huitième session, qui fait suite aux travaux de Dakar en 2023, doit nous permettre d’avancer sur des chantiers prioritaires communs ».

Même volonté du côté des autorités togolaises. Le directeur des productions halieutiques au MAPRASA, Dr Domtani Ali, a mis l’accent sur la nécessité de préserver durablement les ressources marines.
« En termes de sécurité alimentaire, nous devons prendre des mesures pour que nos stocks de poissons soient durables afin d’assurer notre sécurité alimentaire et les revenus des acteurs qui exercent cette activité de pêche artisanale », a-t-il indiqué.
Les participants ont aussi examiné les progrès réalisés dans la caractérisation des pêcheries artisanales grâce aux données transmises par les différents États membres. L’objectif est d’améliorer la qualité des informations disponibles afin de guider les décisions publiques relatives à la gestion des ressources halieutiques.
La secrétaire du COPACE, Mme Tarub Bahri, a souligné l’importance d’une meilleure participation des professionnels de la pêche dans ce processus.
« Plus de la moitié des stocks de poissons de la zone COPACE sont surexploités. La rencontre de Lomé a pour but de discuter de la façon dont la pêche artisanale peut contribuer à la collecte des données statistiques, de leur utilisation, mais également des moyens de faire face aux défis auxquels est confronté ce secteur », a-t-elle expliqué.
Les recommandations issues des travaux alimenteront les actions du Groupe de travail pour la période 2026-2028. Elles porteront notamment sur le renforcement des connaissances scientifiques, l’amélioration des systèmes de collecte des données, la participation des communautés de pêcheurs et la préservation des ressources halieutiques, afin de soutenir durablement la sécurité alimentaire et les activités économiques liées à la pêche dans l’espace Atlantique Centre-Est.
