Le renforcement des compétences des agents aux frontières se poursuit avec un accent mis sur la protection des femmes commerçantes et la facilitation des échanges. Une session de formation de deux jours réunit les personnels des postes frontaliers de Kodjoviakopé, Ségbé et Noèpé-Akanou autour des droits des femmes dans le commerce transfrontalier et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Cette rencontre est organisée par le Consortium Trade Mark Africa (TMA), en partenariat avec le ministère délégué chargé du Commerce et du Contrôle de la Qualité. Elle s’insère dans le programme Making Trade Work for Women (MTWW), financé par Affaires mondiales Canada. Déployé dans six pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Togo, ce programme ambitionne d’accompagner directement 80 000 commerçants, avec une priorité accordée aux femmes qui représentent au moins 70 % des bénéficiaires.
Créée en 2010, Trade Mark Africa (TMA) est une organisation à but non lucratif spécialisée dans l’appui au commerce. Elle œuvre pour le développement des échanges intra-africains, la réduction des coûts et des délais liés aux opérations douanières et logistiques, ainsi que l’amélioration de l’environnement commercial sur le continent.
Au cours de cette formation, les participants approfondissent plusieurs thématiques. Les travaux portent notamment sur les droits et obligations des femmes dans le commerce transfrontalier, les dispositions du Protocole de la ZLECAf relatif aux femmes et aux jeunes dans le commerce, les mécanismes de prévention des violences basées sur le genre aux frontières, ainsi que le fonctionnement de la solution automatisée de marquage des produits. L’objectif est de favoriser des procédures plus transparentes, de limiter les obstacles non tarifaires et de renforcer la lutte contre la fraude et la contrefaçon.
Le directeur général du Commerce, Talime Abé, a rappelé le rôle déterminant des agents déployés aux postes frontaliers. Selon lui, les frontières de Kodjoviakopé, Ségbé et Noèpé-Akanou accueillent quotidiennement un nombre important de commerçantes dont les activités soutiennent les marchés et l’économie.
« Vous qui exercez à nos postes frontières… vous êtes les premiers visages que rencontrent nos commerçantes, lorsqu’elles franchissent nos frontières. Votre comportement et votre connaissance des droits de ces femmes peuvent faire la différence entre une traversée digne et une expérience humiliante, entre un commerce qui prospère et une femme qui renonce », a-t-il déclaré.
Il a également invité les participants à mettre à profit les enseignements reçus afin d’améliorer la qualité des contrôles tout en poursuivant les efforts de lutte contre la fraude et la contrefaçon.
De son côté, Niango Brice Adou, chargé du Programme Genre et Commerce inclusif de Trade Mark Africa (TMA), a indiqué que son organisation a collaboré avec plusieurs acteurs nationaux pour contribuer à l’élaboration de la stratégie nationale de facilitation des échanges au Togo. Les consultations menées ont mis en évidence les difficultés auxquelles de nombreuses commerçantes restent confrontées aux frontières.
« Ces obstacles sont réels. Mais ils sont surmontables », a-t-il affirmé.
Il a, par ailleurs, rappelé que le Togo figure parmi les premiers pays africains à s’être doté d’une stratégie nationale de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
« Mais qu’est-ce que cet accord continental en pratique, si ce n’est la somme des décisions prises chaque jour à vos postes ? », a-t-il interrogé.
S’appuyant sur les conclusions du dernier rapport annuel de Trade Mark Africa (TMA), il a souligné que les principaux freins au commerce africain relèvent désormais des barrières non tarifaires, notamment les procédures peu lisibles, les traitements inéquitables et le manque de coordination entre services.
« Procédures opaques, traitements inéquitables, manque de coordination. Vous avez le pouvoir de les réduire, au quotidien », a-t-il conclu.
