Le règlement de la dette intérieure demeure une attente forte des entreprises. Réunis au sein du Comité de concertation État-Secteur privé (CCESP), les représentants du patronat ont remis ce dossier au premier plan. En réponse, le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’accélérer l’apurement des créances tout en annonçant des avancées sur plusieurs sujets liés à l’environnement des affaires.
La rencontre du Comité de concertation État-Secteur privé (CCESP), tenue le 6 juillet, a permis aux pouvoirs publics et aux opérateurs économiques de faire le point sur plusieurs préoccupations qui influencent l’activité des entreprises. Au premier rang figure la dette intérieure, dont le règlement reste une priorité pour le secteur privé.
Au nom du patronat, le président du Conseil national du patronat (CNP), Laurent Coami Tamégnon, a salué la qualité des échanges entre les deux parties avant de rappeler plusieurs attentes. Outre l’apurement de la dette intérieure, les entreprises souhaitent la mise en place effective des commissions de recours, un règlement définitif des questions liées à la Taxe sur les entreprises de télécommunications, de l’internet et de la communication électronique (TETIC), ainsi qu’une solution concernant la hausse des loyers appliqués aux terrains de la zone portuaire.
Selon les représentants des entreprises, le paiement des créances publiques demeure un enjeu important. Ils estiment que les retards continuent d’affecter la trésorerie des sociétés, limitent leur capacité d’investissement et ralentissent le développement de certaines activités.
Les données publiques montrent toutefois une évolution favorable de l’encours de la dette intérieure. À la fin de l’année 2025, celui-ci s’établissait à 2 244,31 milliards de francs CFA, soit 32,08 % du produit intérieur brut (PIB), contre 2 432,56 milliards un an plus tôt. Cette diminution de 7,74 % est liée notamment à une stratégie de financement qui a accordé une place plus importante aux ressources extérieures plutôt qu’aux émissions sur le marché financier régional.
Sur une période plus longue, l’encours reste néanmoins supérieur à son niveau de 2021, où il atteignait 1 848,5 milliards de francs CFA. Les charges liées aux intérêts et commissions demeurent également élevées, avec près de 130 milliards de francs CFA versés en 2025.
Face à ces préoccupations, le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, a réaffirmé la détermination du gouvernement à poursuivre les paiements engagés. « Elle constitue un frein pour le développement de vos entreprises. Nous avons commencé un travail d’apurement et je vous rassure que ces efforts seront poursuivis afin que cette question soit réglée d’ici la fin de l’année », a-t-il déclaré devant les participants.
Le ministre a aussi annoncé l’installation prochaine des commissions de recours, attendues par les opérateurs économiques pour le traitement des contentieux administratifs et fiscaux. À propos de la TETIC, il a indiqué que le sujet était désormais clos, précisant que « le Togo est en avance sur la question des TETIC dans la région ».
Les échanges ont également porté sur les perspectives économiques et les défis liés au climat. Les autorités ont présenté les orientations engagées pour consolider la croissance et ont encouragé les entreprises à intégrer davantage les critères environnementaux dans leurs projets. Une telle démarche peut faciliter l’accès aux mécanismes de financement dédiés à la transition écologique, désormais de plus en plus présents dans les dispositifs proposés par les partenaires financiers internationaux.
Cette réunion du CCESP confirme la poursuite d’un dialogue régulier entre les pouvoirs publics et le secteur privé. Ce cadre d’échanges permet d’examiner les préoccupations des entreprises, de suivre les engagements pris par les différentes parties et d’identifier les solutions susceptibles de soutenir l’activité économique.
