Le Grand Lomé devrait accueillir 37 438 nouveaux abonnés au réseau électrique en 2026. Derrière cette projection se joue un enjeu qui dépasse le simple accès à l’électricité. Il s’agit aussi de renforcer les infrastructures pour suivre l’expansion urbaine, soutenir les activités économiques et répondre à une demande qui évolue avec les usages des ménages et des entreprises.
La Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) prévoit ainsi d’accroître sa couverture dans la capitale et ses environs. L’État devrait consacrer près de 3 milliards de francs CFA aux investissements prévus cette année. Cette enveloppe doit contribuer à l’extension et à la consolidation du réseau de distribution.
Pour le Grand Lomé, le défi est d’abord celui de l’adaptation. La croissance des quartiers et la multiplication des activités créent de nouveaux besoins. Les ménages recherchent un accès plus régulier à l’électricité. Les commerces, les ateliers et les petites unités de production en dépendent pour leurs opérations quotidiennes. Les services numériques et les équipements de conservation des produits alimentaires renforcent aussi la demande.
Dès lors, raccorder de nouveaux clients suppose de disposer d’un réseau capable d’absorber cette progression. C’est tout l’enjeu des travaux engagés ces dernières années. Le Projet d’extension du réseau électrique de Lomé (PEREL) prévoit notamment l’extension des lignes de moyenne et basse tension, l’installation de postes de transformation et le raccordement de nouveaux clients. Le Projet de réformes et d’investissements dans le secteur de l’énergie au Togo (PRISET) intervient pour sa part sur la réhabilitation et le renforcement de certaines infrastructures.
Ces programmes répondent à une même exigence, réduire l’écart entre l’évolution rapide de l’espace urbain et les capacités du réseau. La question ne porte donc plus uniquement sur le nombre de branchements réalisés. Elle concerne aussi la qualité du service, la capacité de distribution et la réduction des pertes techniques et commerciales.
À cela s’ajoute la nécessité de mieux accompagner les zones périphériques. L’extension urbaine conduit progressivement les activités et les habitations vers de nouveaux secteurs. Le réseau doit alors suivre cette transformation afin que l’accès à l’électricité accompagne l’aménagement des territoires.
Les enjeux sont également économiques. Une alimentation électrique plus fiable peut faciliter le fonctionnement des entreprises et des services. Elle peut aussi soutenir l’émergence de nouvelles activités dans les quartiers en développement. Pour les ménages, l’accès au courant améliore les conditions d’étude, facilite l’usage des outils numériques et permet le recours à des équipements utiles au quotidien.
Le Togo bénéficie par ailleurs de l’appui de partenaires au développement pour renforcer son secteur énergétique. En juin 2026, le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un financement de 160 millions de dollars pour élargir l’accès à une électricité fiable, abordable et propre au Togo et en Gambie. Le projet prévoit aussi de renforcer l’intégration énergétique régionale en Afrique de l’Ouest. La Banque mondiale relève notamment les besoins liés à l’extension des infrastructures et à l’accessibilité financière de l’électricité.
Dans cette dynamique, les projections de la CEET pour 2026 donnent une mesure des besoins du Grand Lomé. Les 37 438 nouveaux raccordements attendus traduisent à la fois la progression de la demande et l’effort à fournir pour y répondre. Le véritable enjeu consiste désormais à faire évoluer les capacités du réseau au même rythme que la ville, tout en consolidant la qualité et la continuité du service électrique.
