Le Togo veut renforcer sa capacité à transformer ses engagements en matière de climat et de biodiversité en projets concrets et en financements. Une ambition qui trouve un nouvel éclairage avec la publication, en juillet 2026, du rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), intitulé « Accès au financement pour le climat et la biodiversité, des engagements mondiaux à l’action nationale ».
Sur 272 pages, le document examine les conditions nécessaires pour rapprocher les engagements internationaux des réalités nationales. Pour les pays en développement, l’enjeu ne consiste pas seulement à définir des objectifs climatiques. Il s’agit aussi de disposer des capacités, des instruments et des mécanismes nécessaires pour mobiliser les ressources indispensables à leur mise en œuvre. Le rapport met ainsi en lumière les difficultés qui peuvent limiter l’accès aux financements consacrés au climat et à la biodiversité, tout en identifiant des leviers pour mieux les surmonter.
Cette problématique revêt une importance particulière pour le Togo. Le pays doit répondre à plusieurs défis liés à la résilience des territoires, à la préservation des ressources naturelles et à la protection des écosystèmes. Dans le même temps, la mobilisation de financements extérieurs demeure nécessaire pour accompagner des investissements dont les besoins dépassent les capacités des ressources publiques nationales.
Dans cette perspective, l’amélioration de la gouvernance financière et environnementale apparaît comme un enjeu central. La capacité à préparer des projets solides, à coordonner les acteurs et à répondre aux exigences des mécanismes de financement peut en effet conditionner l’accès aux ressources disponibles. Le rapport OCDE-OIF apporte ainsi des éléments de réflexion sur le passage des engagements internationaux à leur traduction dans les politiques et les investissements nationaux.
Le Togo développe parallèlement ses propres instruments pour renforcer cette dynamique. En mai 2026, le gouvernement a adopté le décret fixant les attributions, l’organisation et le fonctionnement du Fonds Vert Togo. Ce mécanisme, qui remplace l’ancien Fonds national de l’environnement, est conçu comme un guichet national destiné à mobiliser, centraliser et orienter des financements publics et privés, nationaux et internationaux, vers des projets à portée environnementale, sociale et économique. L’outil doit notamment soutenir les actions liées à la gestion durable des ressources naturelles, à la lutte contre les effets du changement climatique, aux énergies renouvelables et à la résilience des populations.
Cette évolution s’inscrit dans une démarche plus large de prise en compte des enjeux climatiques dans la gestion publique. Le budget vert 2026 couvre désormais l’ensemble des ministères et institutions de la République. Cette troisième édition de la réforme intègre notamment le marquage des dépenses selon plusieurs dimensions, dont l’adaptation, l’atténuation, la biodiversité, l’eau, la pollution et les déchets. L’objectif est de mieux apprécier la portée environnementale des choix budgétaires et de renforcer le suivi des ressources consacrées aux priorités écologiques.
Au-delà des mécanismes financiers, le pays cherche également à renforcer la cohérence de son action environnementale. La territorialisation des politiques publiques figure parmi les approches mises en avant pour mieux tenir compte des réalités propres aux différentes régions. Les enjeux liés aux ressources naturelles, aux écosystèmes, à l’agriculture ou encore à la vulnérabilité climatique ne se présentent pas partout de la même manière. Une meilleure prise en compte des spécificités locales peut ainsi favoriser des réponses plus adaptées.
La recherche de résultats constitue un autre axe de cette démarche. Elle suppose de mieux suivre les politiques mises en œuvre, d’évaluer leur efficacité et d’ajuster les interventions en fonction des besoins observés sur le terrain. Cette approche rejoint l’enjeu plus large de la qualité des projets soumis aux partenaires financiers, dont la préparation et le suivi conditionnent souvent la capacité à mobiliser des ressources.
La coopération entre les institutions publiques, les collectivités territoriales, le secteur privé et les organisations de la société civile reste également déterminante. La mobilisation de financements pour le climat et la biodiversité ne repose pas sur un seul acteur. Elle nécessite une coordination entre les administrations chargées de l’environnement et celles qui interviennent dans l’agriculture, l’énergie, l’eau, les infrastructures ou encore les finances.
Le Togo poursuit aussi l’actualisation de ses engagements climatiques. La préparation de nouvelles Contributions déterminées au niveau national (CDN) doit permettre de préciser les objectifs du pays en matière de réduction des émissions et d’adaptation aux effets des changements climatiques. Ces engagements doivent pouvoir être accompagnés de plans d’action et d’investissement capables de rapprocher les objectifs affichés des projets à financer.
Ainsi, le principal enjeu se situe désormais dans la capacité à faire le lien entre stratégie, programmation et financement. Le rapport de l’OCDE et de l’OIF met en perspective cette nécessité à l’échelle internationale, tandis que les instruments développés au niveau national, à l’image du Fonds Vert Togo et du budget vert, cherchent à créer des conditions plus favorables à la mobilisation et à l’orientation des ressources.
Pour le Togo, la question climatique se joue donc autant dans la définition des engagements que dans leur mise en œuvre. La qualité des projets, la coordination des acteurs, la transparence dans l’utilisation des ressources et la capacité à démontrer des résultats seront déterminantes pour transformer les ambitions environnementales en réalisations concrètes.
