Les producteurs de la plaine de Djagblé peuvent désormais engager une nouvelle campagne rizicole. Après plusieurs semaines d’incertitude liées à l’accumulation de stocks invendus et aux difficultés de trésorerie, un accord d’agrégation vient sécuriser l’écoulement d’une partie de la production. Près de 75 tonnes de riz seront rachetées par un opérateur, ce qui permet aux exploitants de reprendre les travaux dans de meilleures conditions.
Cette évolution concerne le périmètre aménagé dans le cadre du Projet de Développement Rural de la plaine de Djagblé (PDRD). Cofinancé par l’État togolais, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) et la Banque islamique de développement (BID), ce programme vise à renforcer la production rizicole nationale, à réduire les importations et à améliorer les revenus des ménages ruraux. Il couvre aujourd’hui plusieurs centaines d’hectares et bénéficie de nombreux aménagements, dont des ouvrages d’irrigation, des magasins de stockage, des pistes rurales et des équipements agricoles.
Le nouvel accord apporte une réponse à l’une des principales préoccupations des coopératives. Les producteurs disposent désormais d’un acheteur identifié avant même la mise en marché de leur récolte. Une démarche qui réduit les incertitudes commerciales et facilite la préparation de la nouvelle saison.
« C’est la première fois que nous trouvons un agrégateur. Nous avons signé un contrat en bonne et due forme, et la banque qui accompagne les producteurs a accepté », explique Koffi Aziabou, président de l’Union des coopératives pour la gestion du périmètre Djagblé-Abobo (UCGP-DA).
Pour les exploitants, cette formule apporte davantage de visibilité. « Désormais, quand nous produisons, on n’a plus la crainte de se demander où on va vendre ou si on va trouver des clients », ajoute-t-il.
Parallèlement, un autre dispositif vient alléger les charges des riziculteurs. Les redevances liées à l’eau d’irrigation et à l’exploitation des terres pourront désormais être réglées en riz paddy pour les producteurs qui ne disposent pas immédiatement de liquidités. Cette mesure leur laisse une marge supplémentaire pour organiser leur trésorerie.
La campagne débute cette année sur 300 des 340 hectares aménagés. Les 40 hectares restants demeurent affectés par la salinité des sols et des poches d’eau qui limitent encore leur exploitation.
Les producteurs comptent également sur des semences mieux adaptées pour accroître les performances des parcelles. L’objectif est d’atteindre un rendement moyen de 7 tonnes à l’hectare, contre 5 à 6 tonnes lors des campagnes précédentes.
À travers cette reprise, la plaine de Djagblé poursuit son développement comme l’un des bassins rizicoles du pays. Les investissements réalisés dans le cadre du PDRD continuent d’accompagner la modernisation de la filière, avec pour ambition de renforcer l’approvisionnement du marché national et de réduire progressivement la dépendance aux importations de riz.
