La consultation prénatale s’est largement installée dans les habitudes des femmes enceintes en milieu urbain au Togo. Les données disponibles montrent qu’environ 95 % d’entre elles effectuent au moins une visite au cours de leur grossesse. Les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) vont dans le même sens, avec une couverture de 97 % pour au moins une consultation prénatale en zone urbaine en 2022, contre 65 % en milieu rural.
Cette forte fréquentation constitue un indicateur important pour la santé maternelle. La première consultation ouvre en effet l’accès à un ensemble de soins qui permettent de repérer tôt plusieurs risques liés à la grossesse. Anémie, hypertension artérielle, infections ou complications obstétricales peuvent être identifiées avant que leur évolution ne mette en danger la mère ou l’enfant.
Le suivi prénatal ne se limite toutefois pas au dépistage. Il comprend aussi des conseils sur la nutrition, la prévention du paludisme, la vaccination, l’hygiène et les signes qui doivent conduire à consulter rapidement. La préparation à l’accouchement fait également partie de cette prise en charge.
Au Togo, l’amélioration de l’accès aux soins maternels repose notamment sur le programme Wezou, qui prévoit la gratuité des consultations prénatales et de l’accouchement pour les femmes enceintes. Dans le district de Tchaoudjo, l’OMS rapporte ainsi une progression du taux de suivi prénatal, passé de 86,1 % en 2020 à 99,5 % en 2023. Le dispositif associe aussi des produits essentiels, dont le fer, les traitements préventifs contre le paludisme et les moustiquaires imprégnées.
Le principal défi reste toutefois celui de la régularité du suivi. Une première visite ne suffit pas à elle seule à sécuriser toute la grossesse. Selon les données de l’OMS pour 2022, 65 % des femmes enceintes en milieu urbain avaient effectué au moins quatre consultations prénatales, contre 48 % en zone rurale. L’écart montre que l’accès initial aux soins progresse plus vite que la continuité du parcours médical.
Le niveau d’instruction constitue aussi un facteur associé à la fréquentation des services. En 2022, la couverture pour au moins une consultation atteignait 88 % chez les femmes ayant un niveau secondaire ou supérieur, contre 67 % chez celles sans instruction. Pour quatre consultations ou plus, l’écart restait visible, avec respectivement 67 % et 53 %.
Ces différences rejoignent une réalité plus large de la santé publique togolaise. La distance avec les structures de soins, le niveau de revenu, l’information sanitaire et les conditions de vie continuent de peser sur la qualité du suivi de grossesse. L’écart entre villes et campagnes reste particulièrement net pour l’accès à un personnel qualifié lors de l’accouchement, avec 96 % en milieu urbain contre 52 % en milieu rural selon les données de 2022.
La question de la santé maternelle demeure d’autant plus sensible que le taux de mortalité maternelle au Togo était estimé à 399 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2021, selon le Plan national de développement sanitaire 2023-2027 cité par l’OMS. Les principales causes recensées comprennent les hémorragies, l’éclampsie et les infections, dont plusieurs peuvent être mieux prévenues ou prises en charge grâce à un suivi médical régulier.
La dynamique observée en milieu urbain traduit ainsi une progression de l’accès au premier contact avec les services de santé. Le défi porte désormais autant sur la précocité de la première consultation que sur la continuité du suivi, avec une attention particulière aux zones rurales et aux femmes les plus éloignées des services de soins.
