La préparation de la participation togolaise à la COP31 ne se limite plus à la constitution d’une délégation. À moins de trois mois de la conférence prévue du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, le pays cherche à mieux structurer sa position, ses négociations et surtout sa capacité à transformer les engagements internationaux en ressources pour ses projets climatiques.
Le 6 août, le ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique a réuni experts, représentants des ministères sectoriels et organisations de la société civile pour examiner la feuille de route destinée à encadrer cette participation. La rencontre doit permettre de dégager une position nationale cohérente et de mieux préparer les messages que portera la délégation togolaise.

L’enjeu dépasse la seule présence du pays dans les négociations. Le Togo devra défendre ses priorités tout en recherchant des partenariats capables de financer des mesures d’adaptation, de résilience et de réduction des émissions. Selon les données de la Banque mondiale, la mise en œuvre de la contribution déterminée au niveau national du Togo nécessite environ 2,7 milliards de dollars pour l’atténuation et 2,8 milliards pour l’adaptation d’ici à 2030. Une grande partie de ces besoins dépend du soutien financier international.
Cette équation donne une portée particulière aux préparatifs engagés pour Antalya. Le Togo dispose déjà d’objectifs climatiques inscrits dans sa contribution nationale révisée de 2021. Celle-ci prévoit notamment une réduction inconditionnelle des émissions de gaz à effet de serre de 20,51 % à l’horizon 2030, avec des mesures dans l’énergie, l’industrie, l’agriculture, la foresterie et la gestion des déchets.
La feuille de route discutée en août repose sur trois priorités. La première porte sur l’organisation des activités préparatoires. La deuxième concerne les négociations climatiques et la mobilisation des financements. La troisième vise le suivi des résultats obtenus après la conférence.
Cette organisation doit aussi modifier la préparation des partenariats. Les bailleurs et partenaires techniques seront identifiés en amont afin de faciliter les prises de contact et les échanges durant la COP. Le Togo prévoit également une programmation plus précise de son espace de représentation et une communication mieux coordonnée autour des projets qu’il souhaite mettre en avant.
Cette volonté de méthode rejoint l’orientation donnée à la COP31. La conférence d’Antalya doit notamment mettre l’accent sur la mise en œuvre des engagements climatiques, l’investissement et la coopération internationale. Les présidences de la COP30 et de la COP31 ont placé l’accélération de l’action et le financement des plans climatiques parmi les sujets de travail pour 2026.
Pour le Togo, la question sera donc aussi celle de la capacité à présenter des projets suffisamment préparés pour attirer des financements. La Banque mondiale relève notamment des besoins de renforcement des mécanismes nationaux destinés à mobiliser les financements climatiques concessionnels et à préparer les dossiers soumis aux fonds internationaux.
La préparation de la COP31 apparaît ainsi comme un exercice qui dépasse le calendrier de la conférence. Elle doit servir à préciser les priorités nationales, coordonner les acteurs et mieux relier les négociations internationales aux besoins identifiés sur le terrain.
La délégation togolaise disposera de plusieurs mois pour compléter cette feuille de route avant le rendez-vous d’Antalya. La conférence réunira du 9 au 20 novembre les États parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, ainsi que les acteurs associés aux négociations et aux actions climatiques.
