Le Bénin, le Niger et le Togo ont payé 62,75 millions de dollars sur les 73,91 millions facturés par le marché électrique nigérian en 2025. Selon la Commission Nigériane de Réglementation de l’Électricité (NERC), 11,16 millions de dollars restent dus au titre des services fournis dans le cadre des échanges bilatéraux d’électricité.
La créance concerne trois opérateurs publics de la sous-région, la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE), la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) et la Société nigérienne d’électricité (NIGELEC). Tous trois figurent parmi les clients internationaux approvisionnés par des producteurs nigérians dans le cadre d’accords bilatéraux.
Les chiffres publiés dans le rapport annuel 2025 de la NERC montrent que les trois clients ont atteint un taux global de règlement de 84,90 %. Autrement dit, près de 85 dollars sur 100 facturés ont été effectivement versés au cours de l’année, laissant 15,10 % des montants à recouvrer.
La répartition des opérations révèle toutefois des écarts importants. Parmi les transactions recensées, l’opération Odukpani-CEET concentre à elle seule une facture de 9,70 millions de dollars restée sans paiement. D’autres opérations liées à la SBEE ont, elles, enregistré des règlements partiels. À l’inverse, certaines transactions concernant le Togo, le Bénin et le Niger ont été intégralement réglées.
La performance de ces clients internationaux reste inférieure à celle des clients bilatéraux nationaux. Ces derniers ont affiché un taux de règlement de 96,60 % en 2025, avec 12,75 milliards de nairas payés sur 13,20 milliards facturés. L’écart illustre les difficultés persistantes de recouvrement auxquelles est confronté le marché électrique nigérian.
La situation apparaît néanmoins meilleure que celle observée au début de 2024. Au premier trimestre de cette année-là, les clients internationaux n’avaient effectué aucun paiement sur une facture de 14,19 millions de dollars émise par le Market Operator. Les règlements enregistrés en 2025 traduisent donc une amélioration du niveau de paiement, même si une partie des créances demeure en attente.
Ces impayés interviennent alors que le secteur électrique nigérian reste confronté à des tensions financières. La capacité à transformer l’électricité fournie en recettes effectivement encaissées constitue un enjeu pour l’ensemble de la chaîne, des producteurs aux distributeurs.
Les échanges avec le Bénin, le Niger et le Togo représentent à ce titre une composante du marché régional de l’électricité. Leur niveau de règlement contribue directement aux flux financiers liés aux transactions transfrontalières, tandis que les sommes restant dues constituent des créances à recouvrer par les acteurs du marché nigérian.
Le rapport de la NERC relève aussi les difficultés de recouvrement sur le marché intérieur. En 2025, les compagnies de distribution ont laissé 669,49 milliards de nairas de recettes facturées non recouvrées. La Commission évalue par ailleurs à 3,68 mille milliards de nairas la valeur de l’énergie fournie sur le marché, pour une efficacité brute de facturation de 81,14 %.
Les autorités nigérianes ont engagé plusieurs mesures pour améliorer la collecte des recettes. En octobre 2025, le gouvernement fédéral a notamment approuvé 28 milliards de nairas destinés à l’acquisition et à l’installation de compteurs prépayés dans le cadre du Meter Acquisition Fund.
