L’installation annoncée à Lomé d’un simulateur de vol Boeing 737 MAX marque une évolution dans la stratégie de développement d’ASKY. Prévue à partir de novembre, cette infrastructure doit d’abord répondre aux besoins de formation et de qualification des pilotes de la compagnie, tout en ouvrant la possibilité de renforcer les capacités aéronautiques disponibles dans la sous-région.
Le projet intervient alors que la flotte d’ASKY s’oriente davantage vers les appareils de nouvelle génération. La compagnie exploite neuf Boeing 737-800 et huit Boeing 737 MAX 8. Le choix d’un simulateur correspondant à ce dernier type d’appareil répond donc directement à la composition actuelle de sa flotte et aux besoins de ses équipages.
L’annonce a été faite par Kanka-Malik Natchaba, directeur général de la Société aéroportuaire de Lomé (SALT). L’installation doit permettre à ASKY de conduire en interne une partie des opérations de formation et de qualification jusque-là susceptibles de nécessiter le recours à des centres spécialisés situés à l’extérieur du pays.
L’enjeu est autant opérationnel que financier. Un simulateur de Boeing 737 MAX représente un investissement estimé entre 8 et 15 millions de dollars. En rapprochant l’outil de formation de la base principale de la compagnie, le dispositif devrait contribuer à réduire certains coûts liés aux déplacements des équipages et à faciliter leur disponibilité pour les opérations commerciales.
Cette infrastructure pourrait également renforcer les compétences techniques développées autour de l’activité aérienne à Lomé. La formation des pilotes mobilise en effet des exigences spécifiques en matière de qualification, de procédures et de maîtrise des systèmes de bord. La présence d’un équipement dédié au 737 MAX offrirait à la compagnie un environnement permanent pour ces exercices.
La perspective prend une dimension particulière au regard du réseau exploité par ASKY. La compagnie dessert 30 destinations dans 28 pays africains et assure 336 vols chaque semaine. Près de 24 000 passagers empruntent ainsi ses appareils chaque semaine. L’augmentation des besoins en équipages accompagne mécaniquement le développement d’un tel réseau.
Le recours au 737 MAX répond également aux exigences de modernisation de la flotte. Cet appareil consomme moins de carburant que les générations précédentes de 737, dispose d’une autonomie accrue et permet aux transporteurs de maintenir une capacité adaptée aux liaisons moyen-courrier. Pour ASKY, son intégration progressive renforce donc la nécessité de disposer de compétences spécifiquement adaptées à cette génération d’appareils.
L’intérêt du projet pourrait enfin dépasser les seuls besoins de la compagnie. Une capacité de simulation implantée à Lomé peut, à terme, constituer un outil susceptible d’accueillir des équipages d’autres transporteurs africains. La formation spécialisée demeure en effet un enjeu pour un secteur appelé à accroître ses capacités de transport et ses flottes.
L’installation annoncée en novembre constitue ainsi un investissement dans l’outil de formation autant qu’un prolongement de la stratégie de développement d’ASKY. Avec huit Boeing 737 MAX 8 déjà en exploitation, la compagnie dispose désormais d’une flotte suffisamment importante sur ce type d’appareil pour justifier la mise en place d’un dispositif de qualification au plus près de sa base.
