Les femmes occupent une place largement majoritaire parmi les candidats au Certificat de fin d’apprentissage (CFA) au Togo. Pour la session 2026, qui se déroule du 2 au 5 septembre, ils sont 50 613 à se présenter dans 61 spécialités, dont 35 185 filles. Avec un taux de 69,5 %, les candidates représentent ainsi près de sept inscrits sur dix.
Cette proportion donne une coloration nettement féminine à l’édition 2026 du CFA. Elle confirme surtout le poids des jeunes femmes dans l’apprentissage des métiers artisanaux, un espace de formation qui constitue pour nombre d’entre elles une voie d’accès directe à la qualification et à l’activité économique.
La répartition des inscriptions permet de mieux comprendre cette forte présence. Les filières les plus demandées sont précisément celles où les femmes sont traditionnellement très présentes. La couture dame arrive en tête avec 11 600 inscrits. Elle est suivie par la coiffure tresse moderne, avec 6 822 candidats, puis la couture flou, qui totalise 5 649 inscriptions. La coiffure dame compte 3 721 candidats et le tissage dame, ou Lokpo, 1 878.
Ces effectifs traduisent l’importance de métiers qui offrent aux femmes des possibilités d’insertion relativement accessibles. Couture, coiffure, tissage ou esthétique permettent notamment d’exercer à son propre compte, de travailler dans un atelier ou, à terme, de développer une activité génératrice de revenus. La certification vient alors donner une reconnaissance formelle aux compétences acquises au cours de l’apprentissage.
Le CFA n’est pas, en effet, un simple examen de fin de parcours. L’obtention du certificat permet d’officialiser les qualifications de l’apprenti. La présence féminine demeure toutefois moins équilibrée lorsqu’on élargit le regard à l’ensemble de la formation technique et professionnelle. Les données du secteur montrent traditionnellement une sous-représentation des filles dans certaines filières industrielles, agricoles et techniques. Le défi pour les politiques publiques ne consiste donc plus uniquement à faciliter l’accès des femmes à la formation, mais aussi à élargir la palette des métiers vers lesquels elles peuvent se diriger.
Cette orientation rejoint les initiatives déployées en faveur de l’autonomisation des jeunes filles. Au Togo, le projet SWEDD+ accompagne notamment des parcours de formation et d’insertion à travers l’« École des chances », qui vise à offrir à des jeunes femmes et filles des possibilités supplémentaires d’acquérir des compétences, d’accéder à des opportunités économiques et de renforcer leur autonomie.
L’enjeu apparaît notamment dans des domaines comme la mécanique, l’électricité, la plomberie, la menuiserie ou certains métiers de la construction. Ces spécialités figurent bien parmi celles couvertes par le CFA 2026, mais elles restent davantage associées aux parcours masculins.
Cette question de la diversification est d’autant plus importante que la formation professionnelle est présentée par les autorités togolaises comme un levier d’employabilité. Lors de la session 2025, le ministère chargé de l’Éducation nationale soulignait déjà la forte participation féminine, alors que plus de 51 000 candidats étaient engagés dans 58 corps de métiers. Le gouvernement avait également insisté sur le rôle de la qualification professionnelle dans l’accès à l’emploi et dans le renforcement des compétences des jeunes.
Avec 35 185 candidates sur 50 613 inscrits, le CFA 2026 révèle que les femmes constituent désormais le principal contingent de cet examen professionnel. Leur forte présence dans la couture et la coiffure confirme leur ancrage dans plusieurs métiers artisanaux, mais pose aussi la question de leur accès aux secteurs techniques et productifs où elles restent moins nombreuses.
Derrière ce chiffre se dessine ainsi un double enjeu. Il s’agit de consolider la qualification des femmes déjà engagées dans les métiers artisanaux, tout en leur ouvrant davantage les portes de professions encore peu féminisées.
