Le gouvernement togolais accélère la modernisation de ses mécanismes de protection environnementale. Le Conseil des ministres a adopté vendredi 26 juin un décret réorganisant le corps des agents des eaux et forêts, structure clé dans la préservation du patrimoine forestier, faunique et halieutique national. Cette réforme intervient dans une période où la pression sur les écosystèmes s’intensifie à travers le continent.
Le texte clarifie les missions du corps en matière de gestion durable des ressources forestières, de protection des aires protégées, de lutte contre les atteintes aux ressources naturelles, de reboisement et de conservation de la biodiversité. Il instaure également une nouvelle organisation reposant sur un commandement central et des services décentralisés comprenant des commandements régionaux et des unités préfectorales.
Cette restructuration répond à une exigence bien précise. Depuis plusieurs années, le Togo doit faire face à la dégradation progressive de ses couvertures forestières, à l’empiètement des terres cultivables sur les réserves de faune et aux conflits d’usage des ressources naturelles. Le renforcement du corps des agents des eaux et forêts permet au gouvernement de déployer une surveillance plus robuste des espaces protégés et de poursuivre les activités d’exploitation illégale.
La biodiversité togolaise, bien que modérée en comparaison avec d’autres régions du continent, représente une richesse à préserver. Le pays abrite plusieurs espaces protégés dont les parcs nationaux et les réserves de faune qui demeurent des refuges pour la vie sauvage face à l’urbanisation croissante et aux pressions agricoles. La disponibilité de ressources forestières saines conditionne également l’accès à l’eau potable pour les populations et l’équilibre des écosystèmes côtiers.
Le décret adopté repositionne le gouvernement comme gestionnaire pro-actif plutôt que réactif des ressources naturelles. Il crée les conditions pour une surveillance permanente des zones sensibles, une coordination améliorée entre les différents niveaux administratifs et une réponse plus rapide aux violations des règles de protection. Il énonce aussi les droits et obligations des citoyens qui utilisent les ressources forestières, qu’il s’agisse de prélèvement de bois, de création de clairières agricoles ou de pâturage.
Au-delà du simple cadre réglementaire, cette réforme vise à consolider les capacités techniques des agents qui doivent identifier les infractions, documenter les preuves et faciliter les procédures judiciaires contre les contrevenants. Elle signifie également une amélioration des conditions de travail des agents eux-mêmes, avec une clarification de leurs fonctions et une meilleure organisation hiérarchique.
Cette démarche s’inscrit dans les engagements internationaux du Togo concernant la biodiversité et le changement climatique. En stabilisant et en développant sa couverture forestière, le pays contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la maintenance des puits de carbone naturels. Elle signale aussi aux investisseurs internationaux que le Togo prend au sérieux la gestion environnementale, un critère croissant dans les décisions d’allocation de financements pour le développement.
La gestion durable des forêts repose aussi sur l’engagement des communautés locales. Le décret devrait faciliter une meilleure collaboration entre les agents gouvernementaux et les groupements villageois qui vivent au contact direct des ressources naturelles. Cette collaboration permet de transformer les communautés en alliés plutôt qu’en adversaires des politiques de conservation.
