Le Projet d’amélioration de la sécurité hydrique en milieu urbain au Togo (PASH-MUT), financé par la Banque mondiale, ne se poursuivra pas dans sa configuration actuelle. Dans une correspondance officielle adressée aux autorités togolaises en date du 26 juin 2026, le Représentant résident de la Banque mondiale au Togo, Tony Verheijen, confirme la décision conjointe du Gouvernement togolais et du Groupe de la Banque mondiale de procéder à la clôture anticipée du projet, à l’issue de sa revue à mi-parcours.
Cette décision fait suite à la mission de revue menée du 26 mai au 1er juin 2026, dont l’objectif était d’évaluer les trois premières années de mise en œuvre du programme. Le bilan dressé met en évidence plusieurs difficultés ayant fortement affecté l’exécution du projet.
Selon le document transmis aux autorités togolaises, la revue à mi-parcours a permis d’identifier plusieurs contraintes majeures. Notamment, un faible niveau de décaissement des financements, des retards importants dans le lancement des investissements structurants, des difficultés persistantes dans les procédures de passation des marchés, des insuffisances techniques, institutionnelles, fiduciaires, environnementales et sociales.
Au regard de ces constats, la Banque mondiale indique que la performance de mise en œuvre du projet a été revue à la baisse, passant d’« modérément insatisfaisante » à « insatisfaisante », estimant que les difficultés ne permettent plus d’envisager une relance du projet dans son format actuel.
La décision de mettre un terme au PASH-MUT a été arrêtée à la suite d’échanges entre le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, et le Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, lors du séminaire gouvernemental du 12 juin 2026.
La lettre précise que cette orientation a ensuite été formalisée dans une correspondance du Vice-président régional datée du 22 juin 2026, ouvrant la voie à la clôture officielle du projet.
Malgré cette clôture, la Banque mondiale réaffirme son engagement aux côtés du Togo dans le secteur de l’eau.
Le document souligne que les prochaines semaines seront consacrées à l’élaboration d’une feuille de route de clôture, qui devra préciser, entre autres, le calendrier des opérations de fermeture, les responsabilités des différentes parties, les livrables attendus, l’état des engagements contractuels, financiers, fiduciaires, environnementaux et sociaux, les activités à finaliser, transférer ou clôturer.
L’institution indique également vouloir capitaliser les enseignements du PASH-MUT afin d’alimenter la préparation d’un Compact Eau, appelé à servir de base à une nouvelle opération d’envergure dans le cadre de la Vision 2040 du Togo.
Lancé avec l’appui financier de l’Association internationale de développement (IDA), le PASH-MUT visait notamment à améliorer l’accès à l’eau potable en milieu urbain, renforcer les infrastructures hydrauliques, améliorer les services d’assainissement et consolider la gouvernance du secteur de l’eau dans le Grand Lomé.
Si plusieurs activités techniques ont été engagées depuis son démarrage, la Banque mondiale estime désormais que les difficultés accumulées rendent nécessaire une nouvelle approche, davantage fondée sur les enseignements tirés de cette première expérience.
La clôture du PASH-MUT marque ainsi la fin d’une phase importante de la coopération entre le Togo et la Banque mondiale dans le secteur de l’eau, tout en ouvrant la voie à une restructuration des futurs investissements destinés à renforcer durablement la sécurité hydrique du pays.
