Les politiques éducatives gagnent en efficacité lorsqu’elles s’appuient sur des données scientifiques. C’est autour de cette conviction que les résultats de l’étude consacrée au développement de la petite enfance et à son impact sur les apprentissages dans l’enseignement primaire ont été présentés le 14 juillet, au cours d’un atelier réunissant pouvoirs publics, chercheurs, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile et professionnels des médias.
Cette rencontre, initiée par l’Équipe de recherche en économie agricole et appliquée (ERE2A), avec le concours du Partenariat pour les politiques économiques (PEP) et du Global Education Analytics Institute (GEAI), avait pour objectif de partager les conclusions des travaux et d’alimenter la réflexion sur les futures orientations de la politique éducative. Les échanges ont également porté sur l’élaboration d’une feuille de route destinée à intégrer les recommandations issues de la recherche dans les stratégies nationales relatives au développement de la petite enfance.
Conduite par le Dr Etayibtalnam Koudjom, chercheur à l’Université de Lomé et lauréat 2024-2025 du programme Africa Fellows in Education Program (AFEP), l’étude met en évidence le lien entre la fréquentation de l’enseignement préscolaire et les résultats obtenus par les élèves du primaire. Elle montre que les enfants ayant bénéficié d’une éducation préscolaire disposent de meilleures bases en lecture et en mathématiques, tout en rappelant que les investissements réalisés dès les premières années de vie favorisent le développement du capital humain.
Les conclusions reposent notamment sur les données du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la Confemen (PASEC). Elles indiquent qu’environ 70 % des élèves terminent le cycle primaire sans maîtriser pleinement les compétences fondamentales. L’étude identifie également plusieurs leviers susceptibles de réduire les disparités entre les apprenants et d’améliorer la qualité des acquis scolaires.
Parmi les recommandations formulées figurent l’extension ciblée de l’enseignement préscolaire dans les zones rurales et les localités les moins favorisées, le renforcement des effectifs d’enseignants qualifiés, la mise à disposition de matériels pédagogiques adaptés ainsi que des mesures d’appui aux ménages les plus vulnérables. Les chercheurs préconisent aussi une meilleure articulation entre les politiques éducatives et les programmes de protection sociale consacrés à la petite enfance.
Présent à la rencontre, le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Ahiya Barakpété, a rappelé que « le Togo a enregistré des avancées ces dernières années en matière d’accès à l’éducation ». Il a toutefois relevé que « les données montrent qu’une grande proportion d’élèves achève l’école primaire sans maîtriser les compétences de base en lecture (61,1 %) et en mathématiques (63 %) ». Selon lui, ces constats appellent « des réponses fondées sur des évidences empiriques » afin d’orienter les décisions publiques vers des actions efficaces et équitables.
Pour sa part, le représentant du président de l’Université de Lomé, le Pr Kola Edinam, a estimé que ces travaux illustrent la capacité des chercheurs togolais à produire des connaissances adaptées aux réalités nationales. Il a déclaré que « la qualité des politiques éducatives de demain dépendra des capacités collectives à faire de la recherche un véritable levier et un outil d’aide à la décision ». Il a également salué l’engagement du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, en faveur du développement du système éducatif national.
Les conclusions de cette étude viennent enrichir les réflexions engagées autour du renforcement de l’éducation de base au Togo. Elles mettent en avant l’intérêt d’une prise en charge précoce des enfants afin de consolider les acquis scolaires et d’améliorer durablement les performances du système éducatif.
