Vingt mille arbres déjà mis en terre, soixante ruches installées et seize femmes réunies au sein d’une coopérative agroalimentaire. Dans la région des Savanes, plusieurs initiatives associent réfugiés burkinabè et communautés d’accueil autour de projets liés à l’agriculture, à l’environnement et aux activités économiques. Ces actions ont été présentées lors d’une visite de terrain de la Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Togo, Coumba Dieng Sow, dans la préfecture de Cinkassé.

À Kouampantè, dans la région des Savanes, la restauration des terres mobilise 112 agriculteurs, dont 95 femmes et des réfugiées accueillies par la communauté. Avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de l’ONG CAPAS et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), les habitants participent à la reconstitution de la forêt communautaire et à la protection des flancs de la montagne de Tchindigué.
Près de 20 000 plants d’espèces forestières et fruitières ont été installés sur 235 hectares de terres. Le projet comprend aussi la mise en place de 60 ruches. L’objectif est de diversifier les sources de revenus des ménages tout en protégeant les ressources naturelles et la biodiversité locale.

Dans la même région, une expérience portée par des femmes attire l’attention. À Dapaong, une coopérative agroalimentaire composée de 16 entrepreneures a grandi à partir d’une initiative lancée par quatre femmes. Leur premier mécanisme de financement reposait sur une cotisation quotidienne de 100 francs CFA par personne.
Cette organisation leur a permis de développer leurs activités, de sécuriser un terrain et de mobiliser près de 20 millions de francs CFA avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du PNUD et d’autres partenaires.
Les produits transformés par la coopérative sont aujourd’hui commercialisés à Lomé, notamment à Togo Mall. Après l’obtention des normes et certifications nécessaires, les entrepreneures se positionnent également sur des marchés régionaux grâce aux opportunités liées à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Elles ont aussi participé à la Foire internationale de Dakar (FIDAK).
Au-delà de ces initiatives économiques et environnementales, les besoins immédiats des populations restent pris en charge. Le Programme alimentaire mondial (PAM) apporte une assistance alimentaire aux réfugiés burkinabè et aux familles qui les accueillent. L’organisation fournit également des semences et des engrais aux coopératives agricoles afin de soutenir les productions locales.
De leur côté, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) accompagnent les femmes enceintes, les mères allaitantes et les enfants avec des kits non alimentaires.
Ces différentes interventions sont mises en œuvre dans le cadre du Programme d’urgence pour le renforcement de la résilience dans les Savanes (PURS), avec l’appui des agences des Nations Unies et de leurs partenaires.
Lors de sa visite à Cinkassé, Coumba Dieng Sow a relevé les résultats des actions conduites au profit des réfugiés et des populations hôtes.
« Face aux défis humanitaires et de développement engendrés par l’arrivée des réfugiés, notre action collective vise à répondre aux besoins immédiats tout en renforçant la résilience des populations », a-t-elle déclaré.
La Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Togo a également salué l’accueil réservé aux réfugiés burkinabè par les communautés togolaises.
« Je tiens à saluer la générosité du peuple et du Gouvernement togolais qui accueillent avec solidarité les réfugiés ayant fui l’insécurité avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Cette approche inclusive bénéficie à la fois aux réfugiés et aux communautés d’accueil », a-t-elle indiqué.

Dans les Savanes, ces projets montrent une évolution des réponses apportées aux difficultés locales. L’aide d’urgence se combine désormais avec des actions qui soutiennent l’agriculture, les activités féminines et la protection des ressources naturelles dans plusieurs communes de la région, notamment dans le Kpendjal-Est.
