Le Togo accélère ses efforts pour réduire les écarts de couverture vaccinale chez les enfants. Avec l’appui de ses partenaires, le pays a intensifié les actions de proximité afin de retrouver ceux qui n’avaient reçu aucune dose ou dont le parcours vaccinal restait incomplet. Une dynamique qui a déjà permis de protéger plus de 40 000 enfants entre juillet et décembre 2025.
La pandémie de Covid-19 avait perturbé l’accès aux services de santé dans plusieurs pays. Le Togo n’a pas échappé à ces difficultés. Entre 2020 et 2022, près de 70 000 enfants n’avaient reçu aucune dose de vaccin, tandis que plus de 94 000 autres n’avaient pas achevé leur parcours vaccinal.
Face à cette situation, le Gouvernement togolais a renforcé son action avec l’appui de l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l’enfance), de Gavi (Alliance du vaccin) et d’autres partenaires. Le Grand rattrapage vaccinal, ou Big Catch-Up, a ainsi été déployé dans 17 districts prioritaires répartis dans quatre régions sanitaires.
La stratégie repose sur une approche de proximité. Des agents de santé et des relais communautaires vont à la rencontre des familles. Ils vérifient les carnets de vaccination, identifient les enfants concernés et orientent les parents vers les services adaptés. Le dispositif permet aussi de répondre aux interrogations des communautés et de lutter contre les fausses informations liées aux vaccins.
Les premiers résultats traduisent l’efficacité de cette mobilisation. Plus de 40 000 enfants dits « zéro dose » ont pu être rattrapés entre juillet et décembre 2025. Derrière ces chiffres se trouvent des enfants qui ont désormais accès à une protection contre plusieurs maladies évitables par la vaccination.
Le travail de terrain se poursuit aussi dans les zones difficiles d’accès. Dans plusieurs localités, les agents de santé communautaires jouent un rôle de relais entre les familles et les structures sanitaires. À Bomwaï, dans la préfecture de Kétao, des visites régulières permettent par exemple de vérifier les carnets et de repérer les doses manquées. Les informations recueillies servent ensuite à organiser des séances de rattrapage au plus près des ménages.
Cette mobilisation s’appuie également sur une communication de proximité. En février 2026, l’UNICEF a réuni des professionnels des médias afin de renforcer leur contribution à la sensibilisation sur la vaccination. « Les journalistes jouent un rôle déterminant pour informer, rassurer et mobiliser les familles autour de la vaccination et des autres services essentiels pour les enfants », a souligné Dr Soliou Badarou, chef de la Section Survie de l’Enfant à l’UNICEF.
Par ailleurs, le pays poursuit ses actions de prévention face aux risques liés aux maladies évitables. En mars 2026, une campagne nationale gratuite contre la poliomyélite a été menée pour les enfants de 0 à 5 ans, après la confirmation d’un cas dans le district sanitaire de Mô et la détection du virus dans une zone frontalière du Bénin.
Pour le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Koffi Ewonoule Tessi, « la vaccination est un droit pour chaque enfant et c’est un devoir pour chaque famille de veiller à sa mise en œuvre ». Il a aussi appelé les familles à faire vacciner les enfants et à accueillir les équipes mobilisées sur le terrain.
Au-delà du rattrapage des doses manquées, l’enjeu reste de consolider la vaccination de routine. Le Togo dispose pour cela d’une stratégie nationale de vaccination couvrant la période 2023-2026, avec un accent sur l’équité d’accès, le renforcement des capacités et une meilleure gestion des vaccins et des équipements.
Avec la mobilisation des services de santé, des communautés, des médias et des partenaires, le pays poursuit ainsi ses efforts pour rapprocher la vaccination des familles et réduire le nombre d’enfants laissés en dehors des circuits de protection sanitaire.
