La soixante-neuvième session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), tenue le 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, a débouché sur une série de décisions touchant l’économie, la sécurité, les infrastructures, la gouvernance et les institutions communautaires. Les dirigeants ouest-africains ont réaffirmé leur volonté de consolider la coopération régionale, tout en arrêtant plusieurs mesures destinées à accélérer les réformes engagées.
La rencontre a réuni les chefs d’État et de gouvernement des pays membres ainsi que plusieurs partenaires internationaux. Le Togo y était représenté par le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’extérieur, Robert Dussey.

Parmi les décisions les plus attendues figure la confirmation de l’objectif de lancement de l’ECO en 2027. Les dirigeants ont retenu une mise en œuvre progressive. Les États remplissant les critères de convergence ouvriront la voie, tandis qu’un accompagnement sera réservé aux autres pays afin de faciliter leur adhésion ultérieure. La Conférence a également salué les consultations engagées entre la Commission de la CEDEAO et les gouverneurs des banques centrales, ainsi que l’enregistrement de la marque « ECO » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI).
Ensuite, les chefs d’État ont renouvelé leur attachement à la libre circulation des personnes et des biens, considérée comme l’un des fondements de l’intégration régionale. Ils ont insisté sur la nécessité de préserver cette dynamique, notamment à travers le maintien des échanges économiques et de la mobilité entre les populations d’Afrique de l’Ouest, y compris dans les discussions en cours avec l’Alliance des États du Sahel (AES).
Les infrastructures régionales ont également occupé une place centrale. La Commission de la CEDEAO a reçu pour mission d’élaborer un portefeuille de projets prêts à mobiliser des financements dans les domaines des transports, de l’énergie, du numérique et des ressources hydrauliques. Dans le même esprit, les dirigeants ont réaffirmé leur soutien au Gazoduc Afrique-Atlantique (GAA), présenté comme un levier pour renforcer la sécurité énergétique, favoriser les investissements et améliorer la connectivité entre les États membres.

Le secteur aérien figure aussi parmi les priorités. La Conférence a appelé les États membres à poursuivre les réformes destinées à réduire les coûts du transport aérien. Elle a salué les avancées enregistrées en Côte d’Ivoire et encouragé les autres pays à adapter leur cadre fiscal afin de rendre les déplacements plus accessibles aux populations et aux opérateurs économiques.
Sur le plan numérique, les dirigeants ont adopté l’Acte additionnel révisé relatif à la protection des données à caractère personnel. Plusieurs instruments régionaux portant sur les données ouvertes, les communications électroniques, l’itinérance et la cybersécurité ont aussi été approuvés, avec la création d’un mécanisme régional de coordination en matière de cybersécurité.
La sécurité demeure un autre axe de travail. Les chefs d’État ont condamné les attaques perpétrées par les groupes armés terroristes et confirmé leur engagement en faveur de l’activation de la Force régionale de lutte contre le terrorisme. Ils ont demandé aux États membres de respecter leurs engagements financiers afin de permettre un déploiement progressif de cette force d’ici juillet 2027. Les discussions avec les pays de l’AES devront également se poursuivre afin de bâtir un mécanisme commun de coopération sécuritaire.
La Conférence a, par ailleurs, prolongé jusqu’en décembre 2026 le mandat du négociateur en chef chargé des relations avec les pays de l’AES, Lansana Kouyaté. Elle a rappelé que les échanges avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger continueront sous la forme d’un bloc unique afin de préserver la cohésion de l’organisation régionale.

Les nominations aux institutions communautaires ont également marqué cette session. Le Togolais Dr Yaouza Ouro-Sama a été désigné juge à la Cour de justice de la CEDEAO pour le mandat 2026-2030. Le Dr Palokinam T. Pitche, également togolais, prend la direction générale de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS).
Autre décision, les chefs d’État ont nommé le Général Birame Diop, du Sénégal, à la présidence de la Commission de la CEDEAO pour le mandat 2026-2030. La Conférence a exprimé sa confiance dans son expérience diplomatique, militaire et stratégique pour accompagner les priorités de l’organisation.
Enfin, les dirigeants ont élu le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à la présidence en exercice de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO pour un mandat d’un an. Cette désignation intervient au terme d’une session consacrée à la coordination des politiques économiques, au renforcement de la sécurité régionale et à la poursuite des réformes destinées à consolider l’intégration ouest-africaine.
