La dépendance du pays aux importations de riz pèse sur sa facture alimentaire, estimée entre 11 et 43 milliards de francs CFA par an entre 2016 et 2023. Le développement de la production nationale suppose des investissements dans les exploitations et une meilleure valorisation des terres propices à cette culture.
En mission au Togo, Moses Vilakati, commissaire de l’Union africaine chargé de l’agriculture, du développement rural, de l’économie bleue et de l’environnement durable, appelle à accroître les volumes produits localement. Il cite les résultats obtenus dans la filière maïs, dont la production permet désormais, selon lui, de satisfaire les besoins nationaux, comme un précédent encourageant pour le riz.
Les contraintes sont connues. Les faibles rendements, la maîtrise insuffisante de l’aménagement des bas-fonds et l’accès difficile aux semences certifiées et aux fertilisants limitent les performances des exploitations. Le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) a fait de la filière riz l’une de ses priorités pour répondre à ces difficultés.
Les terres propices à cette culture se trouvent dans plusieurs régions. Les zones de production recensées comprennent les Savanes, autour de la plaine de l’Oti, la région Centrale, vers Sotouboua, et les Plateaux, notamment dans l’Amou, le Kpélé et l’Est-Mono. Dans la région Maritime, Kovié et Agomé-Glozou figurent parmi les pôles rizicoles identifiés.
Pour Moses Vilakati, les environs de Notsè présentent aussi des sols favorables au riz et aux oléagineux. Il plaide pour une politique agricole qui donne davantage de moyens aux producteurs, grâce à des intrants de qualité, des équipements adaptés, des financements et un accompagnement technique régulier.
La stratégie nationale de développement de la riziculture actualisée en 2020 fixe un objectif de production ambitieux pour 2030. Elle prévoit de porter la production de 145 489 tonnes en 2019 à plus de 1,1 million de tonnes.
Le commissaire de l’Union africaine affirme que son institution est prête à accompagner les efforts togolais, en collaboration avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il invite aussi le pays à envisager des débouchés régionaux pour les excédents agricoles, en particulier ceux du maïs, une fois les besoins intérieurs satisfaits.
