20 942 accidents en trois ans, 28 501 blessés et 1 826 décès. Les chiffres de l’insécurité routière au Togo ont conduit les autorités à renforcer la surveillance du réseau national. Depuis le 9 février 2026, la Division de la sécurité routière (DSR) concentre davantage ses contrôles sur les principaux corridors, avec une attention particulière portée aux comportements susceptibles de provoquer les accidents les plus graves.
Le bilan couvre la période 2022-2024 et représente en moyenne près de 7 000 accidents et plus de 600 décès par an. Rapporté au quotidien, le nombre de victimes mortelles approche deux décès par jour. La mortalité routière a toutefois reculé par rapport aux périodes précédentes, où la moyenne annuelle se situait autour de 700 morts. Les autorités cherchent désormais à consolider cette baisse tout en réduisant le nombre d’accidents et de blessés.
La réponse a pris une dimension plus opérationnelle depuis février. Face à la recrudescence d’accidents graves, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a déclenché une opération spéciale de sécurisation sur l’ensemble du réseau routier. Le dispositif porte notamment sur le Grand Contournement de Lomé et les routes nationales n°1, n°2 et n°5, qui relient respectivement Lomé à Cinkassé, Aného et l’axe Lomé-Kpalimé-Atakpamé.
Sur ces axes, le contrôle de la vitesse figure parmi les priorités. Les dépassements dangereux sont davantage surveillés, tandis que les mauvais stationnements et les encombrements de la voie publique font l’objet d’interventions. Les forces de sécurité vérifient aussi les chargements et la conformité des véhicules de transport en commun.
Le dispositif porte également sur les équipements de protection. Le port du casque par les motocyclistes et celui de la ceinture de sécurité dans les véhicules sont contrôlés. Des patrouilles sont menées de jour comme de nuit afin de maintenir une présence régulière sur les principaux axes. Les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par la réglementation.
Cette politique ne repose toutefois pas uniquement sur la sanction. Les autorités cherchent aussi à agir sur les causes récurrentes des accidents. L’excès de vitesse, la fatigue, l’alcool au volant, les manœuvres dangereuses et le non-respect du Code de la route figurent parmi les facteurs régulièrement relevés dans les données et campagnes de sécurité routière.
Le Togo mise par ailleurs sur les outils technologiques pour renforcer la prévention. Lors de la 14e Journée africaine de la sécurité routière, organisée en novembre 2025, les autorités avaient annoncé leur volonté de développer l’usage de simulateurs de conduite, de radars de vitesse et de systèmes de vidéo-verbalisation. Michel K. Tindano, secrétaire général du ministère des Transports routiers, a alors défendu l’idée d’un dispositif « où l’humain est soutenu par la technologie ».
Le renforcement des contrôles intervient donc comme l’un des volets d’une politique plus large. La baisse de la mortalité enregistrée entre 2022 et 2024 montre que certaines mesures peuvent produire des effets, notamment celles liées au port du casque. Mais le volume des accidents et des blessés demeure élevé.
Pour la DSR, l’enjeu est désormais de maintenir la pression sur les comportements à risque, en particulier sur les corridors où le trafic des personnes et des marchandises est dense. Le contrôle routier devient ainsi un outil de prévention autant qu’un moyen de faire respecter les règles, avec un objectif central qui reste la réduction du nombre de vies perdues sur les routes togolaises.
