La course à la succession d’António Guterres connaîtra un nouveau rendez-vous le 21 août avec le deuxième « straw poll » du Conseil de sécurité des Nations unies. Pour Macky Sall, cette consultation intervient après un premier vote qui a révélé une candidature encore loin des premiers rangs. L’ancien président sénégalais a obtenu six voix favorables, mais sept membres ont exprimé une opposition à sa candidature.
Le premier vote, organisé le 30 juillet, n’était pas une élection. Le Conseil de sécurité utilise ce mécanisme informel et confidentiel pour mesurer le soutien dont disposent les différents candidats. Chaque membre peut se prononcer en faveur d’un candidat, exprimer son opposition ou choisir de ne pas prendre position.
Les résultats détaillés n’ont pas été publiés officiellement par les Nations unies. Les chiffres qui circulent proviennent de sources diplomatiques et médiatiques ayant eu connaissance du scrutin. Ils doivent donc être lus avec prudence, notamment parce que l’identité des pays ayant voté contre chaque candidat n’est pas connue publiquement.
Selon ces informations, la Costaricaine Rebeca Grynspan est arrivée en tête avec dix voix favorables. La Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett en a obtenu neuf et l’Argentin Rafael Grossi sept. Michelle Bachelet et Macky Sall ont recueilli six voix chacun. María Fernanda Espinosa en a obtenu cinq et Olara Otunnu deux.
Macky Sall n’est donc pas dernier, contrairement à certaines affirmations diffusées sur les réseaux sociaux. Son résultat reste toutefois préoccupant. Avec six voix favorables contre sept défavorables et deux sans opinion, il est le seul candidat dont les votes d’opposition dépassent les soutiens dans les chiffres rapportés.
C’est cette donnée qui donne au scrutin du 21 août une importance particulière pour l’ancien président sénégalais. Une progression permettrait de montrer que sa campagne diplomatique a réussi à convaincre certains membres du Conseil. À l’inverse, une stagnation ou une dégradation de son score confirmerait les difficultés apparues lors du premier test.
La lecture du prochain vote dépendra aussi de l’identité des États qui soutiennent ou rejettent les différentes candidatures. Le Conseil de sécurité compte quinze membres, dont cinq permanents, les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Ces cinq puissances disposent du droit de veto et leur position peut donc peser sur l’issue du processus.
Les sept votes défavorables obtenus par Macky Sall lors du premier « straw poll » ne permettent pas de savoir si l’un de ces cinq États figure parmi ses opposants. Cette information est essentielle pour apprécier la solidité réelle de sa candidature. Une opposition provenant exclusivement de membres non permanents ne présente pas la même portée qu’un veto potentiel d’une puissance permanente.
La succession d’António Guterres reste par ailleurs ouverte. Son mandat s’achève le 31 décembre 2026 et le Conseil de sécurité devra d’abord parvenir à une recommandation avant que l’Assemblée générale des Nations unies ne nomme son successeur.
La candidature de Macky Sall a été officiellement transmise aux Nations unies par le Burundi le 2 mars 2026. Le Sénégal lui a également apporté son soutien. Deux candidatures africaines figurent dans la compétition, celle de l’ancien président sénégalais et celle de l’Ougandais Olara Otunnu.
Le scrutin du 21 août ne désignera donc pas le prochain secrétaire général. Il donnera toutefois une indication nouvelle sur les rapports de force. Pour Macky Sall, l’enjeu sera de transformer ses six voix favorables en un soutien plus large tout en réduisant le nombre de positions hostiles qui ont marqué le premier vote.
La journée du 21 août devrait ainsi permettre de mesurer si le premier résultat constituait un simple avertissement ou le reflet d’une difficulté plus profonde. Dans une procédure où chaque candidature doit progressivement réunir un soutien suffisamment large au Conseil de sécurité, le prochain « straw poll » sera surtout observé sous cet angle.
