La campagne 2026 de transformation du karité a été lancée au sein de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), où l’unité Togo Soja poursuit ses activités de valorisation des matières premières agricoles. La cérémonie, présidée par Idiola Sandah, Administrateur général de la PIA, réunit les équipes engagées dans la transformation du karité et met l’accent sur l’approvisionnement des unités industrielles en matière première locale.

Le lancement intervient alors que le Togo cherche à accroître la part de valeur créée sur son territoire à partir de ses productions agricoles. Le karité figure parmi les filières retenues pour développer des activités de transformation et renforcer les débouchés pour les producteurs et les acteurs de la chaîne.
La filière dispose d’un potentiel important. Les régions des Savanes, de la Kara et du Centre concentrent une grande partie de la ressource, tandis que les femmes occupent une place prépondérante dans la collecte et les premières opérations de transformation. Selon une étude de la Banque mondiale, le potentiel national de production est estimé à environ 80 000 tonnes par an.

Mais l’industrialisation de la filière reste liée à une contrainte centrale, celle de la disponibilité de la matière première. En mars 2025, le gouvernement avait suspendu temporairement l’exportation des noix et amandes de karité afin de sécuriser l’approvisionnement des transformateurs locaux. Depuis janvier 2026, une taxe à l’exportation sur plusieurs produits agricoles, dont le karité, vise également à encourager leur transformation sur le territoire national.
Dans ce dispositif, la PIA occupe une place centrale. La plateforme accueille plusieurs unités dédiées à la transformation agricole et cherche à rapprocher les activités industrielles des bassins de production. Son développement repose notamment sur la création d’emplois, l’intégration de fournisseurs locaux et la transformation de produits destinés aux marchés nationaux et extérieurs.
Pour la campagne 2026, l’enjeu porte donc autant sur le volume traité que sur la capacité de la filière à assurer un approvisionnement régulier, améliorer la qualité des produits et accroître la valeur conservée au Togo. La réussite de cette dynamique dépendra aussi de la capacité des différents maillons, des collectrices aux industriels, à mieux structurer leurs relations.
Le lancement de la campagne vient ainsi donner une nouvelle visibilité à une filière appelée à jouer un rôle dans la stratégie togolaise de transformation des productions agricoles. À la PIA, le karité rejoint les autres matières premières dont la valorisation industrielle doit contribuer à développer une offre locale davantage tournée vers la transformation que vers l’exportation de produits bruts.
