L’accès à l’assainissement évolue au Togo avec la prise en compte des risques liés aux phénomènes climatiques. En 2024, 71 895 personnes, dont 36 882 femmes, ont bénéficié de latrines améliorées conçues pour mieux résister aux effets des aléas climatiques. Une évolution qui lie santé publique, hygiène et adaptation des infrastructures aux réalités locales.
L’enjeu reste important. Selon les données du Programme commun de suivi de l’Organisation mondiale de la santé et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (OMS-UNICEF), une part encore élevée de la population togolaise ne disposait pas, en 2022, d’un service d’assainissement de base. La défécation à l’air libre concernait encore 39 % de la population.
Dans les zones exposées aux fortes pluies et aux inondations, la qualité des ouvrages sanitaires revêt une importance particulière. Une latrine mal protégée peut être endommagée par les eaux de ruissellement, voire devenir une source de contamination des sols et des points d’eau. Les équipements adaptés aux conditions climatiques cherchent donc à réduire ces risques tout en assurant leur usage sur une période plus longue.
Cette approche repose aussi sur des mécanismes destinés à faciliter l’accès des ménages aux ouvrages sanitaires. Des dispositifs de fonds renouvelables et de crédit latrine ont été déployés dans 17 communes des régions des Savanes, de la Kara et des Plateaux. Ils visent à réduire la contrainte financière qui peut retarder la construction d’installations adaptées.
Les résultats enregistrés en 2024 ne se limitent pas aux équipements individuels. Quelque 76 461 personnes, dont 39 225 femmes, ont également bénéficié de l’accès à des communautés urbaines et semi-urbaines déclarées exemptes de défécation à l’air libre. Ces progrès contribuent à réduire l’exposition aux maladies liées à l’insalubrité et à renforcer les pratiques d’hygiène.
L’assainissement touche aussi directement le milieu scolaire. Des actions en faveur de l’hygiène menstruelle ont notamment été conduites au profit de filles vulnérables afin de réduire les interruptions de scolarité liées aux difficultés d’accès aux produits et aux installations adaptées.
Dans les établissements scolaires, l’innovation passe aussi par les latrines à biogaz. Vingt-cinq écoles disposant de cantines ont bénéficié de ces équipements, au profit de 6 551 élèves, dont 3 065 filles. Le dispositif associe gestion des déchets et production de biogaz, avec l’objectif de réduire les contraintes sanitaires tout en valorisant les matières issues des toilettes.
Le choix d’ouvrages capables de mieux résister aux aléas climatiques répond ainsi à une double exigence. Il s’agit de renforcer les acquis en matière d’assainissement tout en tenant compte de l’évolution des risques auxquels les communautés sont exposées. Pour les ménages concernés, l’enjeu reste très concret, disposer d’une installation sûre, durable et utilisable quelles que soient les conditions météorologiques.
