La phase opérationnelle du projet RAINE a connu une avancée technique le vendredi 9 octobre avec la descente du micro-tunnelier Mawuse dans un puits de 16 à 17 mètres, en présence de Kodjo Adedze, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat. Destiné à acheminer les eaux pluviales du Grand Lomé vers la vallée du Zio, le réseau prévoit 7,5 kilomètres de collecteurs souterrains sur près de 1 600 hectares, au bénéfice d’environ 230 000 habitants. Alors que les travaux doivent s’étendre sur 33 mois, les autorités maintiennent le pompage préventif des bassins de rétention pour limiter les risques de débordement avant la mise en service des ouvrages.
Les inondations enregistrées en juin ont affecté 26 603 personnes au Togo et causé cinq décès, selon le bilan présenté au Conseil des ministres du 4 août. Les besoins d’assistance ont été estimés à 1,14 milliard de francs CFA. Dans le Grand Lomé, où les fortes précipitations mettent à l’épreuve les capacités d’évacuation des eaux, le projet de Réseau d’assainissement par intercepteurs pour la non-inondation de nos espaces (RAINE) entend apporter une réponse structurelle. Son efficacité ne pourra toutefois être appréciée qu’à l’achèvement des ouvrages et à l’épreuve de leur fonctionnement.

Dans l’attente, les autorités recourent au pompage préventif des bassins de rétention afin de préserver leur capacité de stockage avant les prochaines pluies. Le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a expliqué que l’opération consiste à abaisser le niveau des eaux accumulées pour réduire le risque de débordement lorsque les précipitations s’intensifient. En février, l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique avait recensé au moins 153 bassins et dépressions dans le Grand Lomé, qui regroupe treize communes. Une partie seulement de ces espaces est aménagée.
Lancé en 2025, le RAINE prévoit la réalisation de 7,5 kilomètres de collecteurs souterrains pour conduire les eaux pluviales vers la vallée du Zio. Les aménagements doivent desservir plusieurs secteurs, dont Bè Kpota, Hédzranawoé, Tokoin Aviation et les abords de l’Assemblée nationale. La phase opérationnelle avait été lancée en avril 2026. La mise en place de Mawuse dans son puits, le 9 octobre, constitue une étape technique du chantier, avant le creusement des galeries et la pose des conduites.
Présent à la cérémonie aux côtés de Séna Alipui, le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Kodjo Adedze, a assisté à la descente de l’équipement. Baptisé Mawuse, expression éwé signifiant « Dieu a écouté », le micro-tunnelier doit permettre de poser les conduites sous la surface sans recourir à l’ouverture de longues tranchées sur l’ensemble du tracé. Cette méthode vise à limiter les perturbations en surface dans une agglomération densément urbanisée. Séna Alipui a évalué à environ 70 tonnes le poids cumulé des deux éléments de la machine.

Le ministre s’est toutefois gardé de promettre la disparition des inondations. Interrogé sur cette perspective, il a jugé prématuré de se prononcer, tout en estimant que les ouvrages devraient en atténuer les effets. Les résultats dépendront des capacités effectives du réseau, de son entretien et de la gestion des eaux pluviales dans les secteurs concernés.
La réalisation du chantier a été confiée à PFO Construction Togo et à Bessac, entreprise spécialisée dans les travaux souterrains. Selon Khoubaieb Amari, directeur de projet de PFO Construction Togo, 210 emplois directs sont mobilisés. Les conduites en béton bas carbone sont fabriquées à Adétikopé, dans une usine inaugurée en juin 2026, selon PFO Africa.
Trois micro-tunneliers ont été commandés auprès de Bessac. Le premier a été livré en avril et un deuxième est arrivé depuis, d’après Séna Alipui. D’autres puits d’accès sont en cours de creusement. Le délai annoncé pour l’ensemble des travaux est de 33 mois ; le point de départ contractuel doit toutefois être précisé pour déterminer l’échéance prévisionnelle de livraison.
