Pour rapprocher l’eau potable des populations éloignées des réseaux conventionnels, le Togo prévoit la réalisation de 1 000 postes d’eau autonomes. Lancé en 2021, le programme avait déjà permis de mettre en service 221 ouvrages entre 2021 et 2022, au bénéfice de plus de 120 000 personnes.
L’accès universel à l’eau potable à l’horizon 2030 repose aussi sur des infrastructures conçues pour les localités où les réseaux classiques restent difficiles à déployer. Dans ces territoires, les postes d’eau autonomes constituent l’un des principaux instruments retenus pour améliorer durablement la desserte.
Le programme prévoit au total 1 000 postes d’eau autonomes (PEA) dans les zones les plus reculées. Les premières réalisations donnent déjà une indication de l’ampleur du dispositif. Entre 2021 et 2022, 221 PEA avaient été réalisés, permettant à plus de 120 000 personnes d’accéder à une source d’eau potable.
Cette approche complète les investissements consacrés aux grands centres urbains. Dans le Grand Lomé, la deuxième phase du projet AEP Lomé 2 mobilise ainsi 9,84 milliards de francs CFA pour accroître l’offre d’eau de 15 000 m³ par jour, construire cinq châteaux d’eau et étendre les réseaux de distribution. Plus de 200 000 habitants supplémentaires sont ciblés par ces infrastructures.
Les territoires ruraux et semi-ruraux disposent, eux, de solutions davantage adaptées à leur configuration. Dans les régions des Plateaux et de la Centrale, un programme de 2,5 milliards de francs CFA prévoit notamment 17 mini-adductions d’eau potable et 15 PEA alimentés par des systèmes solaires, soit 32 infrastructures dans 32 localités.
Dans les Savanes, le renforcement de la desserte repose sur un autre ensemble d’ouvrages. Avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD), le programme couvre notamment Dapaong, Cinkassé, Tandjouaré, Korbongou, Gando et Mandouri. Il prévoit un centre de traitement d’une capacité de 11 300 m³ par jour, ainsi que l’extension et la modernisation des réseaux.
La diversité des dispositifs traduit une logique territoriale. Les grands réseaux répondent aux besoins croissants des agglomérations, tandis que les PEA et les mini-adductions permettent d’apporter une réponse plus adaptée aux localités dispersées ou éloignées des infrastructures centralisées.
Avec l’objectif d’un accès universel à l’eau potable en 2030, la progression dépendra donc autant de l’augmentation des capacités de production que de la capacité à rapprocher les ouvrages des populations qui restent les plus éloignées des réseaux.
