La Faîtière des communes du Togo (FCT) veut donner un cadre plus structuré aux relations entre les collectivités togolaises et leurs partenaires étrangers. Réunie le 21 août 2026 à Lomé, l’organisation a lancé une commission consacrée au plaidoyer, à la coopération décentralisée et transfrontalière, avec pour objectif de mieux coordonner les partenariats et de rapprocher la coopération internationale des besoins des territoires.
Créée à l’issue de l’Assemblée générale élective de la FCT tenue le 5 mars à Kara, cette commission réunit 22 maires. Elle est présidée par Me Coffi Alexis Aquereburu, maire de la commune Lacs 1. Sa première réunion a permis de définir les premières orientations de travail, d’identifier les obstacles qui limitent encore les relations entre communes togolaises et collectivités étrangères et de préparer une feuille de route.
L’enjeu dépasse la recherche de nouveaux jumelages. Pour les collectivités locales, la coopération décentralisée peut constituer un moyen d’accéder à des expertises, de renforcer les compétences des équipes municipales et de mobiliser des financements pour des projets liés aux services publics locaux. Mais ces possibilités supposent une capacité à présenter des projets structurés, à identifier les interlocuteurs pertinents et à assurer le suivi des partenariats.
La présidente de la FCT, Koubouni Touni, a précisément relevé plusieurs difficultés auxquelles les communes restent confrontées, notamment une gestion insuffisamment structurée des partenariats, un déficit de communication, une connaissance limitée des partenaires potentiels et des difficultés à mobiliser des ressources autour de projets.
La commission intervient alors que la coopération internationale des collectivités togolaises connaît une activité accrue. En mars, la FCT avait lancé un programme d’accompagnement de 20 communes dépourvues de coopération internationale décentralisée. Financé par l’Ambassade de France au Togo sur une période allant jusqu’à décembre 2026, ce programme vise notamment à renforcer la capacité de ces collectivités à se présenter auprès de partenaires étrangers et à développer de nouvelles relations avec des collectivités françaises.
La FCT a également renforcé ses relations avec des réseaux et associations de collectivités en 2026. En mai, elle a conclu un partenariat avec l’Association des municipalités du Niger (AMN), portant notamment sur la gouvernance locale, le développement territorial, les services municipaux et les échanges d’expériences. La coopération avec des collectivités béninoises figure aussi parmi les axes développés par l’organisation.
Cette dynamique bénéficie par ailleurs du projet « Coopération dans le domaine de la gouvernance territoriale au Togo 2025-2027 », porté avec l’appui de l’Ambassade de France. Doté de 620 millions de francs CFA sur 24 mois, ce programme prévoit notamment un soutien à la coopération décentralisée et au renforcement des capacités des acteurs locaux. Il accompagne la FCT aux côtés du ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières et de l’Agence nationale de formation des collectivités territoriales.
Pour Me Aquereburu, l’objectif consiste désormais à faire de la coopération un instrument directement utile aux collectivités. « Elle offre à nos communes des possibilités de partage d’expériences, de renforcement des compétences, de mobilisation de ressources et, surtout, de construction de réponses concrètes aux besoins des populations », a-t-il déclaré.
Le président de la commission a aussi mis en garde contre la création d’une structure supplémentaire qui se limiterait à produire des recommandations. Il souhaite en faire un espace de dialogue et d’action, capable de faire remonter les réalités du terrain et de proposer à la FCT des solutions « concrètes, réalistes et applicables ».
Avec 117 communes réparties dans les cinq régions administratives du pays, la FCT constitue le cadre national de concertation et de représentation des collectivités locales. La création de cette commission ajoute ainsi un outil à l’architecture de la décentralisation togolaise, avec une question centrale à résoudre dans les prochains mois, celle de la capacité à transformer les relations extérieures des communes en partenariats durables et en réalisations concrètes au niveau local.
