La première rentrée académique de l’Université de Datcha se prépare avec une ambition clairement affichée par son président, le professeur Essohanam Batchana. Alors que les candidatures pour l’année 2026-2027 sont ouvertes, il invite les bacheliers de toutes les régions à considérer cet établissement comme une université à vocation nationale. L’offre initiale compte treize parcours, répartis entre agronomie, environnement, technologies, sciences économiques, sciences sociales et gestion du territoire.
Pour le professeur Batchana, la question ne se limite pas à attirer les premiers étudiants sur le campus de Datcha. Elle porte aussi sur le positionnement académique d’un établissement appelé à compléter l’offre des deux universités publiques déjà implantées à Lomé et à Kara. « L’Université de Datcha n’appartient pas seulement à la région des Plateaux, elle est une université nationale », affirme-t-il. Il souhaite ainsi voir des candidats issus de l’ensemble du pays rejoindre les premières promotions.
Cette ouverture nationale accompagne une offre de formation volontairement différenciée. L’Institut des sciences agronomiques et environnementales propose cinq parcours, consacrés notamment à l’agroécologie, aux productions végétales résilientes, à l’élevage, à la mécanisation agricole, à l’agrobusiness et à la gestion durable des forêts. L’Institut des sciences technologiques et de l’innovation en compte trois, dans l’instrumentation et la maintenance biomédicale, les agroéquipements et écotechnologies ainsi que les sciences et technologies nucléaires. La Faculté des sciences économiques, sociales et du territoire complète l’ensemble avec cinq parcours allant de la gestion des structures de santé à l’intelligence territoriale et aux Geodata, en passant par la gouvernance foncière, l’analyse économique et le management stratégique.
Le professeur Batchana explique ce choix par la volonté de rapprocher les formations des réalités du territoire et des besoins de l’économie. La région des Plateaux, à dominante agricole, présente notamment des espaces forestiers et agroforestiers à l’ouest, tandis que sa partie orientale est davantage tournée vers les cultures céréalières et l’élevage. Pour le président de l’université, cette diversité devait être prise en compte dans la conception des parcours.
« Il fallait faire en sorte que l’université tienne compte de cette réalité du territoire », explique-t-il. Mais cette proximité avec les caractéristiques des Plateaux ne signifie pas, selon lui, un repli régional. Les formations ont été pensées pour associer les ressources agricoles et environnementales à des domaines comme la gestion du territoire, l’économie, la veille stratégique et les technologies.
Cette logique répond également à une préoccupation que le président de l’Université de Datcha rattache aux critiques adressées au système universitaire. « Le reproche qui a été fait jusqu’ici aux universités, c’est de former des gens qui ne sont pas en lien avec les besoins nationaux », rappelle-t-il. L’établissement entend donc se distinguer par une carte de formations qui, selon ses responsables, ne reproduit pas simplement les parcours déjà disponibles dans les autres universités publiques.
L’intérêt de Datcha pour les nouveaux bacheliers tient dès lors autant à cette spécialisation qu’à la possibilité d’intégrer une université dont la première cohorte sera constituée à partir de la rentrée 2026-2027. Le calendrier officiel prévoit le dépôt des dossiers du 21 septembre au 9 octobre. Les candidatures sont reçues sur le campus de Datcha, au Centre de formation continue de l’Université de Lomé et à la Direction des affaires académiques et de la scolarité de l’Université de Kara. Les résultats de la sélection sont annoncés pour le 23 octobre.
Les conditions d’accès varient selon les formations. Les parcours de l’Institut des sciences technologiques et de l’innovation et de l’Institut des sciences agronomiques et environnementales sont ouverts aux titulaires d’un baccalauréat scientifique des séries C ou D, obtenu en 2025 ou 2026, ou d’un diplôme reconnu équivalent. Pour la Faculté des sciences économiques, sociales et du territoire, les séries admises varient selon les parcours et comprennent notamment A, C, D, E, G2 et G3. La sélection repose sur l’étude des résultats scolaires, avec des matières prises en compte selon les formations demandées.
Le dépôt physique des candidatures constitue par ailleurs un choix assumé pour cette première rentrée. Le professeur Batchana indique que trois points d’accueil ont été prévus afin de faciliter l’accès aux candidats qui ne résident pas dans les Plateaux. Il encourage néanmoins les futurs étudiants à se rendre directement à Datcha lorsqu’ils le peuvent. Cette démarche doit leur permettre de découvrir le campus et les infrastructures avant leur entrée dans l’établissement.
L’Université de Datcha ouvre ainsi sa première campagne de recrutement avec une double orientation. D’une part, elle cherche à construire une identité académique autour de treize formations ciblées. D’autre part, elle veut constituer une première population étudiante représentative de sa vocation nationale. Pour le professeur Batchana, le défi consiste désormais à faire connaître cette nouvelle offre aux bacheliers au-delà de son ancrage géographique, afin que les premières promotions reflètent l’ambition nationale assignée à l’établissement.
