Les chiffres donnent une première mesure de la transformation engagée dans le secteur agricole à Kara. Depuis 2020, l’agropole s’appuie sur 39 Zones d’aménagement agricole planifiées couvrant 12 350 hectares. Les rendements du maïs, du riz et du soja y ont progressé respectivement de 122 %, 75 % et 27 %, sur fond d’investissements dans les intrants, la mécanisation, le stockage et les infrastructures de base.
Le maïs affiche la progression la plus élevée, avec une hausse de 122 % des rendements. Le riz suit avec 75 %, tandis que le soja enregistre une progression de 27 %. Derrière ces trois données se dessine une évolution qui ne repose pas uniquement sur l’extension des superficies cultivées, mais aussi sur les moyens mobilisés pour accroître la productivité des exploitations.
Depuis le lancement du projet, 373 tonnes de semences ont ainsi été distribuées aux producteurs, auxquelles s’ajoutent 5 391 tonnes d’engrais, 10 000 litres de produits phytosanitaires et 1 040 kilogrammes d’inoculum de soja. Ces appuis constituent l’un des ressorts techniques du modèle développé dans l’agropole, en agissant sur les différentes étapes de la production.
La superficie concernée donne une autre mesure de l’expérience. Les 39 ZAAP couvrent 12 350 hectares, soit un espace suffisamment vaste pour organiser la production autour d’infrastructures et de services communs. Le projet cherche ainsi à rapprocher plusieurs fonctions qui, dans les systèmes agricoles traditionnels, peuvent rester dispersées.
La mécanisation fait partie de cette organisation. Trente tracteurs, 15 tricycles et 250 pulvérisateurs ont été remis aux producteurs. Ces équipements interviennent sur des opérations qui conditionnent directement les calendriers agricoles, depuis la préparation des terres jusqu’à l’entretien des cultures.
Le stockage constitue un autre indicateur de la capacité installée. Dix magasins sont disponibles, dont sept disposent d’une capacité de 350 tonnes chacun et trois autres de 250 tonnes chacun. À eux seuls, ces équipements représentent une capacité de stockage de 3 200 tonnes. Ils permettent de conserver les productions après récolte et de disposer de marges supplémentaires dans la gestion des stocks et de la commercialisation.
Les effets du projet ne se limitent pas aux activités agricoles. Les infrastructures hydrauliques associées aux aménagements ont également une portée directe sur les populations. Cent vingt-huit forages et quatre mini-adductions d’eau potable ont ainsi bénéficié à environ 58 000 personnes.
L’investissement privé constitue un autre indicateur de l’évolution du territoire. Quatre opérateurs privés se sont installés sur 4 350 hectares de terres aménagées. Leur présence traduit l’ouverture des espaces agricoles à des activités économiques complémentaires et renforce le lien entre aménagement foncier, production et valorisation des récoltes.
L’ensemble de ces données permet de lire l’agropole de Kara comme une chaîne plutôt que comme une succession d’interventions isolées. Les 12 350 hectares fournissent l’espace de production. Les intrants et les équipements soutiennent les rendements. Les magasins permettent de conserver les récoltes. Les infrastructures hydrauliques améliorent les conditions de vie autour des zones aménagées. Les opérateurs privés ajoutent enfin une composante économique au dispositif.
Les chiffres de rendement donnent la mesure la plus visible de cette dynamique. Mais les 122 % du maïs, les 75 % du riz et les 27 % du soja prennent tout leur sens lorsqu’ils sont rapprochés des moyens mobilisés depuis 2020. L’enjeu de l’agropole est ainsi de faire fonctionner ensemble les différents maillons d’une activité agricole, de la production jusqu’à la valorisation économique des récoltes.
À Kara, la transformation agricole se mesure donc autant par les tonnes produites que par les hectares aménagés, les équipements distribués, les capacités de stockage créées, les infrastructures hydrauliques installées et les investissements privés attirés. Une série de chiffres qui permet de suivre, année après année, le passage d’un espace de production agricole à un territoire organisé autour d’une chaîne de valeur plus complète.
