Quelques mois après avoir dispensé de visa, pour trente jours, les détenteurs de passeports africains, le gouvernement togolais adopte un décret qui ne s’applique qu’aux étrangers encore astreints à cette formalité. Le texte crée de nouvelles catégories de visas et raccourcit les délais de traitement de certaines d’entre elles.
Réuni mardi 6 octobre sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, le Conseil des ministres a adopté le décret fixant les modalités de délivrance des visas d’entrée et des cartes de séjour en République togolaise. Son champ est borné ; il ne concerne que les voyageurs qui ont besoin d’un visa pour entrer au Togo.
Or cette population s’est réduite au printemps. Le même Conseil avait approuvé le 26 mai un décret instituant, pour les citoyens africains munis d’un passeport ou d’un titre de voyage valides, une exemption de visa de trente jours. Les contrôles d’immigration subsistent, l’entrée reste refusable à quiconque menacerait l’ordre public, la sécurité nationale ou la santé publique, et la mesure peut être suspendue à l’égard d’un État en cas de menace pour les intérêts fondamentaux du pays. La Banque africaine de développement estimait pour sa part que 28,2 % des déplacements intra-africains échappaient à l’obligation de visa à la fin de 2025.
Pour les voyageurs restants, le nouveau décret multiplie les entrées. Il institue de nouvelles catégories de visas et encadre plus précisément les mobilités économiques, professionnelles, académiques, culturelles et humanitaires. La protection des données personnelles des demandeurs y est renforcée. Le gouvernement invoque l’évolution des flux migratoires, la diversité croissante des motifs de voyage et de nouvelles exigences de sécurité.
Le régime précédent datait du décret du 21 avril 2022, qui avait dématérialisé les demandes et créé une plateforme numérique nationale. Depuis le 12 avril 2024, les visas à l’arrivée et les visas en mode express sont suspendus jusqu’à nouvel ordre, et toute demande doit être déposée au moins cinq jours ouvrés avant le voyage, comme l’avait indiqué Calixte Madjoulba, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, dans une note aux transporteurs.
