Le Togo projette de plus que doubler ses recettes fiscales en cinq ans. La Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme 2027-2031 fixe un objectif de 2 109 milliards de francs CFA en 2031, contre 1 043,7 milliards attendus en 2026.
Approuvée le 29 septembre, la SRMT 2027-2031 a été présentée au secteur privé lors de la deuxième réunion technique du Comité de concertation État-Secteur privé, mardi 6 octobre à Lomé. La trajectoire retenue traduit l’importance accordée à l’augmentation des ressources intérieures dans le financement de l’action publique.
Le gouvernement ne présente toutefois pas cette progression comme le résultat d’une augmentation uniforme des prélèvements. La stratégie repose principalement sur l’élargissement de l’assiette, la modernisation de l’administration fiscale, la numérisation du recouvrement et la rationalisation des dépenses fiscales.
Le secrétaire général du ministère des Finances et du Budget, Kpowbié Tchasso Stéphane Akaya, a situé cette orientation dans un double constat. La pression fiscale togolaise reste inférieure à la norme communautaire fixée à 20 %, alors que le potentiel de mobilisation de l’économie demeure supérieur aux recettes actuellement collectées.
La logique affichée consiste donc à faire contribuer une base économique plus large plutôt qu’à accroître indistinctement la pression sur les contribuables déjà assujettis. L’efficacité du recouvrement et la limitation des pertes liées aux dépenses fiscales constituent, dans cette perspective, deux leviers essentiels.
La mise en œuvre de la stratégie fera l’objet d’un suivi spécifique. Un comité dédié est prévu pour en assurer le pilotage, avec des évaluations programmées en 2029 et en 2031. Ces échéances doivent permettre de mesurer les résultats obtenus au regard de la trajectoire arrêtée.
L’objectif budgétaire devra par ailleurs être concilié avec l’évolution de l’activité économique. Ahodo Tchamdja, directeur général des Études et Analyses économiques, a évoqué la résilience de l’économie togolaise tout en attirant l’attention sur les risques liés aux tensions autour des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, susceptibles d’affecter les cours du pétrole.
La politique menée sur les produits pétroliers illustre cette contrainte. Le gouvernement a choisi de ne pas répercuter intégralement la hausse des cours sur les prix appliqués aux consommateurs, avec des conséquences directes sur l’équilibre entre soutien à l’activité et contraintes budgétaires.
La SRMT devra aussi composer avec les besoins d’investissement et de développement des compétences. Lors de la concertation du 6 octobre, le secteur privé a été associé aux échanges sur le capital humain et sa contribution à la formation, en lien avec la Feuille de route gouvernementale 2026-2031.
La prochaine réunion, prévue en décembre, offrira un nouveau point d’étape dans ce dialogue sur les conditions permettant d’augmenter les recettes publiques sans fragiliser l’activité économique.
