La modernisation agricole figure parmi les priorités du Togo, mais l’efficacité des technologies dépend de leur adaptation aux réalités des exploitations. La visite de Faure Essozimna Gnassingbé dans la province chinoise du Shaanxi met en lumière cette exigence, au moment où Lomé cherche à tirer parti des expériences étrangères pour améliorer les pratiques agricoles et accélérer ses efforts de lutte contre la pauvreté.

« Une innovation prend toute sa valeur lorsqu’elle apporte une réponse adaptée aux besoins des producteurs et tient compte de leurs moyens et de leurs réalités quotidiennes », a déclaré le Président du Conseil lors de ses échanges avec les autorités provinciales. Il a également affirmé que « le Togo s’engage lui aussi dans cette voie, avec humilité et détermination », ajoutant que les expériences découvertes en Chine pourraient aider le pays à améliorer ses approches et à accélérer ses efforts de lutte contre la pauvreté. Ces propos placent l’adaptation des innovations aux conditions locales au cœur de la démarche de coopération.
Arrivé en Chine le 9 octobre 2026 pour une visite officielle, Faure Essozimna Gnassingbé a consacré sa première étape à la province du Shaanxi, dans le nord-ouest du pays. À Xi’an, sa capitale, il a été accueilli par les autorités provinciales avant de se rendre à Yangling, un pôle spécialisé dans la recherche agricole, l’expérimentation et la diffusion de technologies nouvelles.

Créée en 1997, la zone de démonstration des hautes technologies agricoles de Yangling disposait, à fin 2024, d’un réseau de 350 bases de démonstration et de vulgarisation réparties dans 19 provinces chinoises et cinq pays étrangers. Plus de 3 000 technologies et variétés y avaient été promues. Ces données rendent compte de l’étendue du dispositif de diffusion, sans mesurer à elles seules les gains de productivité imputables aux différentes solutions.
Au cours de la visite, le Président du Conseil a suivi plusieurs étapes de la chaîne de production, de la sélection des semences à la transformation des produits, en passant par la maîtrise de l’irrigation et le pilotage numérique des cultures. Le centre mobilise l’intelligence artificielle, la robotique et les outils numériques pour optimiser certaines opérations agricoles, améliorer la conduite des cultures et renforcer l’efficacité des processus de production.

Pour le Togo, l’intérêt de ces méthodes doit être apprécié au regard des contraintes des exploitants. Le Programme de modernisation de l’agriculture (ProMAT), prévu pour la période 2025-2034, vise à accroître la productivité, à renforcer la résilience des systèmes agricoles face aux aléas climatiques et à améliorer la compétitivité des productions locales. En juin 2025, la Banque mondiale a approuvé un financement de 300 millions de dollars en faveur du programme. Les interventions prévues comprennent notamment l’extension des services d’irrigation sur 7 200 hectares et un meilleur accès des petits exploitants à la mécanisation, aux marchés et au financement.

L’adoption durable de ces technologies suppose toutefois des équipements financièrement accessibles, des compétences pour les utiliser et des moyens d’entretien. Les techniques mises au point en Chine doivent donc être évaluées en fonction des cultures, des conditions agroécologiques et des ressources disponibles au Togo. Cette adaptation constitue une condition essentielle pour que les innovations contribuent effectivement aux rendements et aux revenus des producteurs.
Les discussions avec Zhao Gang, gouverneur du Shaanxi, ont porté sur les possibilités de coopération entre la province chinoise et les régions togolaises. Le gouverneur a salué les relations entre les deux pays, déclarant que « la Chine et le Togo sont de grands amis, de bons partenaires et les peuples sont des frères ». Il a réaffirmé sa volonté de développer les échanges dans l’agriculture, les infrastructures, les affaires, les sciences, l’éducation et la culture.

Un mémorandum d’entente a été signé entre le Shaanxi et la région de la Kara. Il prévoit une coopération dans l’agriculture, l’énergie, la protection de l’environnement et la gestion des ressources naturelles. Les projets qui découleront de cet accord, leurs financements et leur calendrier d’exécution restent à préciser.
Après cette première étape, Faure Essozimna Gnassingbé doit poursuivre sa visite dans d’autres provinces chinoises avant de rejoindre Pékin pour des entretiens avec les plus hautes autorités du pays. Ces échanges doivent permettre d’examiner de nouvelles possibilités de partenariat dans les secteurs jugés prioritaires par les deux pays.
