Huit ans après les grandes manifestations du 19 août 2017, Tikpi Salifou Atchadam, leader du Parti National Panafricain (PNP), a publié une déclaration marquante ce 18 août 2025. Dans ce message solennel, il affirme que le régime de Faure Gnassingbé est arrivé à son terme et que le Togo vit désormais une « période post-Gnassingbé ».
L’opposant, qui vit en exil depuis 2017, se veut catégorique : « Le pouvoir est par terre », déclare-t-il, estimant que la souveraineté confisquée du Togo depuis l’assassinat du président Sylvanus Olympio en 1963 est aujourd’hui à la portée du peuple. Pour lui, la Vème République instaurée en 2024 n’a été qu’un « mort-né », dernier souffle d’une dictature « militaire monarchique » en agonie.
Tikpi Atchadam rappelle qu’il avait, dès 2015, mis en garde contre la dérive autoritaire du régime, qu’il décrit comme une « constitutionnalisation de la dictature ». Dans sa déclaration, il souligne que le peuple togolais a déjà remporté une victoire morale et politique contre le système, mais qu’il reste à « couper la tête du serpent » pour en finir définitivement.
S’il rejette toute forme de lutte armée ou de chaos, l’opposant préconise une mobilisation citoyenne pacifique, massive et coordonnée. « Tout se joue autour de la rue : pacifiquement la déserter totalement ou l’inonder totalement », insiste-t-il, évoquant la possibilité d’un raz-de-marée populaire qui contraindrait Faure Gnassingbé à quitter le pouvoir sans affrontements.
L’ancien candidat à la présidentielle met également en garde contre une stratégie de continuité du régime, qui consisterait à remplacer des figures sans remettre en cause le système en place. Pour lui, cela reviendrait à « rejouer le disque du 13 janvier 1963 », date fatidique du premier coup d’État militaire en Afrique francophone, qui avait ouvert la voie à des décennies de confiscation du pouvoir au Togo.
Enfin, Atchadam s’adresse particulièrement à la jeunesse et à la diaspora, qu’il invite à se tenir prêtes pour un mot d’ordre national. « Un peuple, un combat, un objectif : la libération du Togo », conclut-il, réaffirmant son attachement à la voie de la non-violence et à l’espérance d’un Togo démocratique.
Othniel
