Une vidéo virale publiée le 9 novembre sur TikTok secoue actuellement la scène politique togolaise. Son auteur, un certain « apôtre de restauration Hosea Adjevi », y affirme détenir une « révélation divine » désignant Kodjo Sévon-Tépé Adedze, ancien président de l’Assemblée nationale, comme « l’homme choisi par Dieu » pour diriger le pays.
Dans cet enregistrement, le prétendu prophète s’adresse directement au président du Conseil, Faure Gnassingbé. Il l’exhorte à céder la présidence à M. Adedze dans un délai de six mois afin que « l’étoile du Togo se lève dans cette 5e République ». Pour justifier ses propos, Hosea Adjevi évoque une vision de « cinq colombes affaiblies retrouvant leur vigueur après s’être posées sur la main de Kodjo Adedze ». Bien qu’affirmant ne pas connaître personnellement l’intéressé, il réclame l’exécution rapide de sa « prophétie ».
Contacté par les journalistes, Kodjo Sévon-Tépé Adedze a vigoureusement rejeté ces allégations. « Je m’inscris en faux et rejette avec la plus grande fermeté ces propos incongrus que j’ai découverts sur les réseaux sociaux comme tout le monde. Il s’agit d’une manœuvre politique grossière et vaine », a-t-il déclaré sans détour.
L’homme politique, reconnu pour sa discrétion et sa loyauté, a replacé cette affaire dans son contexte spirituel. « Toute tentative d’instrumentaliser la foi pour m’attribuer une ambition présidentielle que je n’ai pas constitue une machination que je désavoue totalement. Nous servons un Dieu d’ordre, et s’il avait un message pour le président du Conseil, comme Nathan en eut pour David, il aurait choisi le canal approprié », a-t-il précisé.
Réaffirmant son engagement sans faille, il a ajouté que sa « seule boussole demeure la loyauté indéfectible et l’adhésion à la vision éclairée du Président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé ». Son objectif reste de « servir à ses côtés pour le bien du Togo ».
Plusieurs observateurs politiques voient dans cette prophétie une mise en scène orchestrée par un « laboratoire politique » cherchant à semer le trouble. Ces manipulations visent selon eux à ternir l’image d’un homme reconnu pour sa fidélité au chef de l’État. Le parcours impressionnant de Kodjo Adedze, passé par les douanes, l’OTR, l’ARCOP et plusieurs ministères, fait de lui une figure respectée mais aussi une cible privilégiée pour les fauteurs de troubles.
Au-delà de la manipulation politique, cette affaire revêt une dimension préoccupante. Le message de Hosea Adjevi tend à raviver des clivages communautaires et à fragiliser l’unité nationale. En prétendant vouloir « installer » un responsable dans un fauteuil déjà occupé, cette démarche alimente un discours potentiellement dangereux pour la paix sociale.
Face à cette tempête médiatique, Kodjo Adedze maintient sa posture de fidélité envers les institutions et sa foi en la mission du Président du Conseil. Cette pseudo « révélation divine » apparaît finalement comme une tentative d’ingérence politique maladroitement dissimulée sous le vernis de la spiritualité, sans effet réel sur un homme dont la loyauté demeure inébranlable.
