Lomé a accueilli, ce mardi 25 novembre 2025, un symposium de haut niveau consacré à l’exploration du rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans la gouvernance publique. Organisée par le Ministère de la Justice et des Droits Humains (MJDH), à travers la Direction du Renforcement Démocratique (DRD), la rencontre a rassemblé plus d’une cinquantaine d’acteurs étatiques, institutionnels et de la société civile. Elle s’inscrit dans le cadre de la célébration en différée de la Journée internationale de la démocratie.
Sous le thème « La démocratie à l’épreuve de l’Intelligence Artificielle : quel rôle dans la gouvernance publique ? », les participants ont été invités à réfléchir aux mutations profondes que l’IA impose aux systèmes démocratiques. À l’heure où l’administration publique se digitalise, l’IA apparaît aussi prometteuse qu’inquiétante, soulevant des enjeux d’éthique, de transparence et de respect des droits humains.

Ouvrant les travaux, le Secrétaire Général du ministère de la justice, Aworou MISSITE, a rappelé que l’irruption massive de l’IA dans les pratiques publiques oblige à « analyser avec lucidité ses opportunités, mais aussi les risques qu’elle fait peser sur les valeurs démocratiques ». Il a encouragé les participants à conduire des échanges francs et constructifs pour éclairer les décisions futures.
Le Directeur du Renforcement Démocratique, Oubo M’bo, a insisté sur l’impératif d’adapter les institutions à l’ère numérique. Pour lui, « la démocratie du XXIᵉ siècle ne pourra prospérer que si elle intègre les technologies émergentes, tout en préservant ses piliers : participation citoyenne, justice sociale, égalité et liberté d’expression ».
Un panel d’experts composé de Zissler Sogoyou, Senior Data Scientist à l’Agence Togo Digital, Olivier Yao, Directeur du cabinet de la HAAC, et Komlan Narthe-Messan, Secrétaire Général de la CNDH, a permis d’approfondir les débats. Les échanges ont porté sur le rôle de l’IA dans la consolidation ou la fragilisation de la démocratie, les nouveaux défis éthiques liés à son usage, l’amélioration de la gouvernance publique, l’engagement citoyen à l’ère numérique.
Outre le partage d’expériences, les participants ont formulé des recommandations fortes, notamment la mise en place d’une réglementation stricte de l’usage des plateformes numériques et des systèmes d’IA, afin d’assurer un environnement numérique respectueux des droits humains et des valeurs démocratiques.
En mettant l’intelligence artificielle au cœur de la réflexion démocratique, ce symposium ouvre une nouvelle étape dans la modernisation de la gouvernance au Togo, où innovation et droits fondamentaux doivent avancer de pair.
@IKA
