Le Togo confirme sa réputation de bon élève en matière de réformes énergétiques. La récente signature d’un accord de financement de 62 millions d’euros, équivalent à environ 40,7 milliards de francs CFA, illustre parfaitement la confiance croissante des partenaires internationaux envers le pays. Cet engagement britannique, officialisé lors du Forum Royaume-Uni – Afrique francophone de l’Ouest et du Centre les 12 et 13 novembre 2025 à Lomé, marque une étape décisive dans la stratégie nationale d’accès universel à l’électricité.
Loin des discours creux, le gouvernement togolais présente des arguments concrets. Le taux d’électrification national a bondi à 70 % en 2024, gagnant ainsi 2 points par rapport à 2023 et 20 points depuis 2020. Cette progression rapide et mesurable constitue un atout majeur lors des négociations avec les bailleurs de fonds. La cohérence des politiques publiques et la constance des engagements ont fini par convaincre.
Le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, affiche une vision claire. Pour lui, les investissements énergétiques représentent la colonne vertébrale de l’industrialisation nationale. Durant le forum, il a directement interpellé les partenaires britanniques, les invitant à privilégier des infrastructures productives capables de renforcer la compétitivité économique locale. Un message entendu.
Grâce à cette enveloppe financière, 312 localités rurales vont bénéficier de l’électricité. Environ 250 000 personnes verront leur quotidien transformé. Le projet prévoit la construction de 1 300 kilomètres de lignes moyenne tension et 882 kilomètres de lignes basse tension, complétés par l’installation de 312 postes de transformation. Une infrastructure solide qui changera durablement la donne dans les zones rurales.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique déjà lancée. En 2025, les autorités avaient déjà entamé le raccordement de 172 localités supplémentaires, visant à couvrir quelque 35 000 personnes. Ce projet devrait générer 9,3 GWh dès la première année d’exploitation tout en créant plus de 600 emplois directs et indirects. La stratégie s’articule ainsi autour de multiples chantiers complémentaires.
Au-delà de l’électrification rurale, le Togo a présenté lors du forum une série de projets structurants. Parmi eux figure la construction d’une centrale thermique à cycle combiné de 250 MW, destinée à soutenir durablement la production nationale et à stabiliser les tarifs énergétiques. Le pays envisage également le développement d’une plateforme de gazéification et de regazéification pour diversifier son mix énergétique.
L’intensification des solutions de stockage constitue un autre pilier de cette stratégie. Face aux exigences croissantes de stabilité et de résilience du réseau, le gouvernement mise sur des infrastructures modernes capables d’absorber les variations de production et de consommation. Une approche pragmatique qui répond aux standards internationaux.
Le forum UK-WCAF IV s’est révélé particulièrement fructueux pour l’ensemble des secteurs togolais. Dès la première journée, les partenaires présents ont mobilisé plus de 250 milliards de francs CFA au bénéfice de l’énergie, de l’éducation, de l’agriculture et de la digitalisation. Cette mobilisation financière exceptionnelle témoigne de l’attractivité retrouvée du pays.
La rencontre a surtout démontré une chose essentielle. Le Togo sait défendre ses projets, argumenter sa vision et convaincre ses partenaires. Avec une diplomatie économique active, des initiatives concrètes et une feuille de route cohérente, le pays se positionne comme un réformateur régulier et crédible en Afrique de l’Ouest.
L’objectif affiché reste ambitieux mais atteignable. D’ici 2030, le gouvernement vise l’accès universel à l’électricité sur l’ensemble du territoire national. Les financements sécurisés, les projets en cours et les résultats déjà obtenus placent le Togo sur la bonne trajectoire. Cette dynamique vertueuse, nourrie par la confiance des partenaires internationaux, dessine les contours d’un avenir énergétique prometteur pour le pays.
