Fraîchement installée, la chambre haute du Parlement togolais vient de structurer ses commissions permanentes, se dotant ainsi des outils nécessaires pour exercer pleinement ses prérogatives constitutionnelles. Parmi ces instances, celle des finances et du développement économique occupe une place stratégique, d’autant plus qu’elle sera dirigée par une figure reconnue du monde économique togolais.
Adji Otèth Ayassor, ancien ministre de l’Économie et des Finances, prendra les rênes de cette commission cruciale. Son expérience au sein de l’exécutif constitue un atout majeur pour cette institution naissante qui s’apprête à affronter son premier grand défi technique. La mission s’annonce complexe puisque conformément au principe de navette parlementaire, cette commission devra examiner le projet de loi de finances avant son adoption définitive.

Barry Moussa Barqué, président du Sénat, ne cache pas l’ampleur du travail qui attend les sénateurs. Lors d’une récente intervention, il a insisté sur la nécessité d’une préparation rigoureuse face à ce rendez-vous incontournable. Le chef de l’institution a souligné le caractère volumineux et hautement technique de l’analyse budgétaire, tout en rappelant qu’il s’agira d’une première pour l’ensemble des membres de la chambre.
Au-delà de la commission financière, quatre autres instances permanentes ont également été constituées. Joseph Kokou Koffigoh dirigera la commission des droits de l’homme, de la santé, de la population et de l’action sociale. Cette structure traitera des questions sociétales fondamentales, des libertés publiques aux politiques sanitaires.

Kafui Kpégba, quant à elle, assume la présidence de la commission de l’éducation, de la communication et du développement socioculturel. Son mandat couvrira des domaines essentiels pour le développement humain et la cohésion nationale, de la formation des jeunes générations aux politiques culturelles.
La commission agropastorale, de l’aménagement du territoire, de l’environnement, des changements climatiques et du développement local revient à Mendi Lamboni. Cette instance aux attributions larges devra se pencher sur les défis agricoles, environnementaux et territoriaux qui façonnent l’avenir du pays.
Enfin, la commission de la défense et de la sécurité sera pilotée par le général Tassanti Djato. Dans un contexte régional marqué par des enjeux sécuritaires croissants, cette commission jouera un rôle déterminant dans l’examen des politiques de défense nationale.
Ces cinq structures permanentes forment désormais l’ossature du travail sénatorial. Chacune d’elles apportera son expertise spécifique lors de l’examen des textes législatifs. Leur mise en place témoigne de la volonté d’ériger une institution efficace, capable de peser dans le processus décisionnel national.
L’année 2026 marquera un tournant historique pour le Sénat togolais. Pour la première fois, la chambre haute participera activement à l’élaboration du budget de l’État. Ce baptême budgétaire constituera un test grandeur nature pour évaluer la capacité de l’institution à remplir sa mission de contrôle et d’équilibre des pouvoirs.
Les sénateurs devront faire preuve de rigueur analytique et d’efficacité opérationnelle. L’examen du projet de loi de finances exigera une maîtrise technique pointue, une compréhension fine des enjeux macroéconomiques et une capacité à proposer des amendements pertinents. La crédibilité de l’institution se jouera largement sur sa performance lors de cet exercice inaugural.
Avec des profils expérimentés à la tête de ses commissions, le Sénat affiche une ambition claire. Loin de se contenter d’un rôle purement formel, l’institution entend s’imposer comme un acteur incontournable du paysage institutionnel togolais. Les mois à venir diront si cette ambition se traduira dans les faits.
