Entreprendre en Afrique et principalement au Togo sera toujours un leurre car les contraintes sont énormes lorsqu’il s’agit de trouver les investissements nécessaires pour démarrer une entreprise. Je vais passer ici sous silence les obstacles liés aux taxes et impôts elles viendront certainement après le démarrage des activités.
Dans les pays contraints à l’utilisation du franc des colonies françaises d’Afrique FCFA, la plupart des banques ou la quasi-totalité qui opère dans les 14 pays ayant en partage le franc cfa ne sont des banques que de nom.
En réalité elles méritent le titre de banques de dépôts parce que les particuliers, les entreprises, les sociétés y déposent leurs avoirs sans que des gestionnaires leur proposent la prise de participation dans des structures, les convient à investir dans des projets générateurs de revenus et mieux les inciter à discuter des modalités de prêts du moment qu’existent sur leurs comptes des mouvements avec des montants conséquents, des comptes bien garnis. On a l’impression que les banquiers dans ces pays contrairement à ceux des pays occidentaux qui courent derrière les clients pour leur proposer des prêts, ceux sous les tropiques sont d’éternels gardiens de l’argent gardé dans les banques sans prendre des initiatives qui permettent aux banques d’avoir de la plus value à travers les intérêts générés.
Et justement à propos des intérêts, ils découragent les prêts. Alors qu’en occident les taux d’intérêt sur les prêts plafonnent au maximum à 6% en Afrique ils oscillent entre 14 et 18%. Ce qui devient un goulot d’étranglement pour les entreprises. D’ailleurs pour avoir accès à ces prêts, il faut un parcours de combattant. Les documents demandés pour un simple prêt de 5 millions de fcfa sont inimaginables et freinent le recours aux banques et aux structures de micro-finances. Dans ces conditions comment peut-on stimuler la création des entreprises qui absorberont les chômeurs et dont la retombée principale sera la croissance?
Qu’on arrête donc de se tromper. Les propagandes qui font croire que nos pays utilisant le fcfa connaîtront un développement fulgurant avec des taux de croissance à deux chiffres sont trompeuses si nos banques sont toujours soumises aux desiderata de la BCEAO, elle-même sous tutelle de la banque de France.
L’entrepreneuriat devenu le nouveau credo, le nouveau leitmotiv sur toutes les lèvres en Afrique francophone ne sera qu’utopie si les banques ne revoient pas leurs méthodes de fonctionnement et rabaissent les taux d’intérêt. Avec priorité de sortir du franc colonial.
J’ai dit…
Anani Sossou
