Une vingtaine d’entreprises installées sur la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) depuis sa création en juin 2021 disposent désormais d’un partenaire académique stratégique. L’Université de Kara s’engage à leurs côtés pour repenser la formation des futurs professionnels togolais.
Cette alliance prend forme à travers des rencontres directes entre acteurs du terrain. Le 12 janvier, la professeure Prenam Houzou-Mouzou et sa délégation ont échangé avec le lieutenant-colonel Idiola Sandah, administrateur général de l’Autorité de coordination de la PIA, et Tushar Khairnar, président de la plateforme. Au menu des discussions, l’identification précise des besoins en compétences exprimés par les industriels présents ou à venir.

Le secteur privé togolais cherche des profils immédiatement opérationnels. L’université entend répondre à cette demande en révisant ses cursus existants et en créant de nouveaux parcours adaptés. Cette évolution reflète un changement de philosophie dans l’enseignement supérieur du pays.
Les stages pratiques occupent une place centrale dans cette nouvelle approche. Considérés comme le lien crucial entre savoirs théoriques et pratiques professionnelles, ils feront l’objet d’un encadrement renforcé. L’université et la plateforme ont convenu d’améliorer le suivi des étudiants durant leurs immersions en entreprise.
Au-delà de la PIA, l’établissement universitaire multiplie les contacts avec d’autres structures du secteur privé. Le Conseil national du patronat du Togo figure parmi les partenaires potentiels. Ces initiatives traduisent une volonté d’ancrer durablement l’université dans le tissu économique national.

Le contexte justifie cette réorientation. Le chômage touche particulièrement les jeunes diplômés, révélant un décalage entre les formations proposées et les attentes du marché. L’Université de Kara cherche à combler ce fossé en transformant son rôle, passant de simple délivreur de diplômes à formateur de talents directement exploitables par les entreprises.
La PIA devient ainsi un laboratoire grandeur nature pour les étudiants. Ce pôle industriel leur permet de confronter leurs acquis académiques aux réalités du monde productif. L’accès à cet environnement professionnel enrichit leur apprentissage et renforce leur employabilité.
Cette collaboration interroge sur la capacité des institutions académiques togolaises à évoluer face aux mutations économiques. Le capital humain reste un défi central pour le développement du pays. La réussite de ce partenariat se mesurera dans la durée, à travers le taux d’insertion professionnelle des diplômés et leur adéquation aux postes proposés par les entreprises.
